Bistrot Paul Bert Façade Bistrot Paul Bert Intérieur (2) Bistrot Paul Bert Prêt à attaquer le rognon de veau

Le bistrot Paul Bert reste une énigme, on y va  « emportés  par la foule qui nous traîne, nous entraîne ». Voilà vous êtes dans l’ambiance avec Piaf, sortez l’accordéon et les poulbots, vous avez lu toutes ces critiques qui encensent et n’avez pas voulu voir les déceptions ou les mises en garde des internautes indépendants. En français, en anglais, en japonais, en allemand… le bistrot de Bertrand Auboynaud  semble être le porte drapeau de la bistronomie parisienne…et pourtant, il nous semble que dans cette même rue il ya bien d’autres endroits, moins connus, moins « marketés » qui pourraient prendre le relais.
Mais comme les autres, nous avons réservé et avons participé au flot, « le monde attire le monde »  et ce soir le monde entier s’est donné  rendez-vous : une table de quatre américains horrifiés par le rognon de veau, deux belges qui ont fini le superbe plateau de fromages non pasteurisés et plutôt vieux (ce qui dans ce cas est un signe de vigueur), un couple  de ? Italiens ? En voyage de noces qui croit être dans le bistrot d’Amélie Poulain… et nous. Ils ont visité Montmartre et la Tour Eiffel et viennent visiter le bistrot Paul Bert, on a travaillé toute la journée alors que le soleil brillait.
Nous étions en belle compagnie ce soir et du coup le service, absolument charmant mais débordé et très long, beaucoup trop long  a donné du temps à ce joli moment et c’était bien ainsi. Sans doute aurions-nous réagi différemment s’il s’était agi d’un dîner d’affaires ennuyeux, ils le sont parfois…
Du temps pour parcourir une très belle carte des vins, souvent très chers alors éloignez vous des classiques et tentez des Minervois, des Juras ou encore comme ce soir un beau Chinon, simple, vrai qui donne envie de retrousser ses manches et de retourner la terre. Malheureusement la deuxième bouteille  commandée après les entrées (on vous a dit qu’on nous a donné du temps) arrivera les plats finis… mais peu importe quand le vin est tiré (ouvert) il faut le boire et surtout quand il est bon.
Et du temps aussi pour lire les ardoises du jour ou non. Peu de surprises, des plats classiques, simples et typiques du bistrot : des viandes rouges (ou « mal cuites », dictature du goût d’ici sous un trait d’humour inscrit à la carte), des abats, des Paris-Brest, des frites maison, tout est raccord avec le joli lustre, la grande serviette blanche et le  beau comptoir, mais on vient pour ça. Ce soir, trois petites  Saint-Jacques bien cuites dans leur coquille avec un kari Gosse, comme trois petites perles de culture dans un coffret de suédine rouge. Personne  ne nous dira l’histoire de  ce mélange d’épices inspiré par l’Inde au pharmacien Gosse à moins que ce ne soit un kari mis au point par les pêcheurs de la région de Pondichéry ? C’est dommage, il y a de belles histoires sur cette carte. Un maquereau  juste  flammé très bon mais selon nous ce soir pas d'estragon avec les radis noirs et roses,  rien de grave ! C’est très bon mais nous aurions aimé savoir si par hasard il ne s’agissait pas des fanes de radis ! Le chef ne nous répondra pas, « il n’a pas le temps, c’est le coup de feu », et en partant la réponse  du patron « non, non c’est de l'estragon doux », vous ne connaisez pas l'estragon doux ? On ne posera  pas de question sur ce mulet façon asiatique, une fusion food qui peut surprendre ici. Des petites seiches bien cuites avec un collier de coquillages rigolos sont comme une assiette d’iode . Une jolie barbue se prélasse sur des lentilles… Mais sont-elles du Puy ? Ce que nous sommes agaçants avec nos questions. Et puis, le clou du spectacle : un rognon de veau, qui peut faire peur et qui a fait peur à nos voisins new-yorkais et surtout à leurs enfants… Il est servi entier, les méandres du rognon apparaissent bruts et inquiétants et il faut brider son imagination, ce que ne font pas nos jeunes new-yorkais qui n’en peuvent plus de rire. Il est rosé alors que nous l’avions demandé à point, n’en déplaise aux aficionados  de cuisson rosée. Il est servi avec une très bonne sauce  malheureusement peu généreuse… Le temps imparti étant écoulé… plus de temps pour les desserts.
En rentrant à pied, Chinon oblige, nous ne savons pas si c’est Miam ou Bof. « Non ce n’est pas Bof, c’est bon ! », « Oui mais ce n’est pas Miam ! », « C’est quand même moins bien que  le Comptoir de Brice Morvent ? », « Oui, mais c’est mieux que les Coulisses Vintage ? »...

Ce qui est certain c’est que ne sera pas une cantine ni un Miam Miam. Alors on inaugure la catégorie PETIT MIAM, « Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne, nous éloigne l’un de l’autre »… On s'éloigne du Bistrot Paul Bert, tiens si on retournait au Chardenoux, juste en face... Un beau souvenir !

 

Sur l'ardoise, nous avons choisi :

  • Mulet mariné minute au soja, salade de Trévise
  • Filet de maquereau juste cuit à la flamme, radis à l'estragon
  • Saint Jacques au kari Gosse
  • Barbue de Guilvinec et ses lentilles au lard
  • Rognon de veau à la graine de moutarde
  • Poëlée de petites seiches aux coques

Bistrot Paul Bert Mulet mariné au soja Bistrot Paul Bert St Jacques au Kari GosseJPG Bistrot Paul Bert Filet de maquereau Bistrot Paul Bert Barbue aux lentilles Bistrot Paul Bert Rognon de veau Bistrot Paul Bert Petites seiches aux coques

 

       La corbeille de pain                         Chinon 2010         L'addition (3) : 159.50 €

Bistrot Paul Bert Corbeille de pain           Bistrot Paul Bert Chinon 2010          Bistrot Paul Bert Addition

Si vous prenez une entrée, un plat et fromage ou dessert, le menu est à 36 €.

 


Le Bristrot Paul Bert

18 rue Paul Bert, 75011 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 43 72 24 01

Métro : Faidherbe-Chaligny

Ouvert du mardi au samedi de 12:00 à 14:00 et de 19:30 à 23:00

 

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