Café Cartouche FaçadeCafé Cartouche ArdoiseCafé Cartouche TableCafé Cartouche Ambiance (3)

Il y a déjà au moins deux  bonnes raisons de venir se promener dans le douzième arrondissement de Paris (non, oubliez Bercy Village et le Palais Omnisports de Paris-Bercy). Imaginez plutôt  le Parc de Bercy, un beau  jardin de quatorze hectares, idéal pour se mettre en appétit ou pour une promenade digestive ! « La grande Prairie » pour se prélasser, « Les Parterres » et son potager où jardinent les écoliers… sans oublier « Le jardin Romantique » et en ce  début de printemps, les oiseaux sont amoureux et les cerisiers en fleurs. Une deuxième bonne raison, on peut redécouvrir la Cinémathèque installée dans l'ancien bâtiment de l'« American Center » de l'architecte Frank Gehry et son petit bar sympa pour prendre un verre (une planche et deux verres de vin en terrasse pour 20 euros, pas mal ! si on rajoute les transats en été…).

Mais il y en a une troisième, traversez la rue de Chablis, la rue de Pommard (quel beau quartier !) et vous voilà rue de Bercy, allez au numéro 4. D’accord, la façade n’est pas engageante, mais rappelez-vous que l’habit ne fait pas le moine. Descendez les quelques marches, oubliez la petite terrasse sauf pour les fumeurs et les voyeurs qui comme les oiseaux amoureux regardent passer les filles en contrebas…

Bienvenue au Café Cartouche ! Benoit, barbu souriant, vous accueille dans ce bistrot de quartier, un bistrot dans son jus, pas de déco « façon bistrot » si ce n’est  quelques passoires et moulins à légumes devenus habilement appliques tamisantes. Le premier candidat qui propose à chacun d’en avoir un en bas de chez soi est élu au premier tour. Un grand comptoir, où dinent les imprudents qui n’ont pas réservé, les habitués et Benoit le patron ! Mathieu, un habitué,  nous dira « C’est plus que ma cantine, c’est mon salon ! ». Vous voilà prévenus, vous pouvez apporter vos charentaises... car ici on ne vient pas pour se montrer ou voir, on vient partager un bon moment autour d’une vraie cuisine du marché ! Bravo chef (mais qui est-il d’ailleurs ? Son nom ? Sa photo ? Nous le verrons filer, les cuisines fermées, discrètement, humblement... Merci Chef, c’était bon !).

Un Crozes–Hermitage avec un nom de circonstance « C'est le printemps » et comme nous dira Nathalie qui partageait ce repas convivial « on dirait de la grenadine », « oui mais à 12.2° » précisera la très jolie et très  souriante et très efficace serveuse. Le pain est beau, la mie n’a pas peur d’affronter plusieurs jours, protégée qu’elle est par une croute qui craque et croustille !

Un petit pot d’olives qui piquent (auquel répondra avec le café un petit pot de Dragibus, pas bon pour la plage mais idéal pour une joyeuse régression) et c’est parti !

La terrine d’agneau aux figues est subtile et on aime retrouver dans la compotée d’oignons ces petites branches de thym, presque comme une découverte archéologique, une preuve d’une belle fabrication ! Le pâté en croute est magnifique, une belle croute (n’est-ce pas ce qu’il y a de meilleur dans le pâté en croute ?), elle a eu un peu chaud au four mais elle est très bonne ainsi, déjà bronzée pour l’été, une vraie gelée, peut-être une pointe de madère et du foie gras pas que pour le goût ! C'est généreux. Ça ne vaut pas un pâté de  la Maison  Pou  dans le dix-septième(Il faudra qu’on vous en parle) mais bien meilleur que le réputé pâté en croute des Bistronomes (une fine feuille de pâté à 18 euros !). A ce sujet, il est temps de valoriser, de revaloriser le beau métier de charcutier comme on a su le faire pour les boulangers, les pâtissiers, à quand un top charcutier ? Sans cela nous prenons le risque de voir disparaitre un savoir-faire ancestral.  Attention, n’oublions pas avec ces digressions essentielles cet étonnant plat de Rollmops ! Nathalie le qualifiera de "nordique", une consécration en somme.

Pour les plats, même plaisir ! On remet le torchon autour du cou (seule soumission du lieu au marketing) : le ris d’agneau est si doux, si tendre, si fin que l’on culpabilise, une fricassée au wok mais sans violence, ou plutôt une petite rissolée à la poêle avec des asperges vertes. L’échine de porc, basque bien sûr, est confite, d’abord cuite comme un jambon puis rôtie pour offrir du croustillant dehors et du moelleux dedans, c’est simple à comprendre et c’est bon. Les Saint-Jacques de Normandie sont comme un cadeau de Fête des Mères dans l’assiette, cinq coquilles comme un soleil… Mais attention, une minute d’inattention ou d’attente et les voilà blanches et non plus nacrées. Ailleurs nous aurions crié au scandale, prétentieux que nous sommes... Ici on se dit qu’elles sont bien bonnes tout de même avec ce riz crémeux qui tend vers une crème au riz.

Malheureusement (ou heureusement, c’est selon) on ne craquera pas pour les desserts, qui ont pourtant l’air bien bon  et nous avons lutté pour ne pas tester ce caillé de campagne à la confiture ! Une raison de plus de revenir.

On nous dit que ce café est le petit frère du Repaire Cartouche dans le onzième mais on ne veut pas le savoir, il est d’abord lui-même, il est bohème avant d’être bourgeois, il n’est pas touristique, on veut croire qu’il n’est pas à la mode et c’est rassurant, car il dure et va durer.

Verdict : MIAM à l’unanimité de trois fourchettes et de toutes celles des présents ce soir ! N’oubliez pas vos charentaises, nous sommes certains  qu’on vous trouvera un joli rond de serviette en bois, gravé  "souvenir d’Oléron".

 

Sur l'ardoise, nous avons choisi :

  • Pâté en croute traditionnel au foie gras
  • Rollmops de hareng, pommes de terre écrasées et caviar de hareng
  • Terrine d'agneau
  • Saint Jacques de Nomandie, riz crémeux et champignons de Paris
  • Echine de cochon "ibaiona" confite
  • Ris d'agneau rissolés aux asperges vertes     => Notre coup de coeur

Café Cartouche Pâté en crouteCafé Cartouche Rollmops de harengCafé Cartouche Terrine d'agneauCafé Cartouche St Jacques de NormandieCafé Cartouche Echine de cochonCafé Cartouche Ris d'agneau

 

          La corbeille de pain             Un Crozes Hermitage 2011             L'addition (3) : 121 €

Café Cartouche Corbeille de pain            Café Cartouche Crozes Hermitage 2011                      Café Cartouche Addition

 


Café Cartouche

4 rue de Bercy, 75012 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 40 19 09 95

Métro : Bercy

De midi à 14h30 (sauf samedi) et de 19h à 23h. Fermé dimanche.

 

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