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Une naissance, cela se fête : notre premier Miam Miam, franc, massif, sans aucune hésitation, sans chipoter. Et pourtant ce n’était pas gagné : il faut une bonne dose d’inconscience ou de courage pour appeler son restaurant « Jour de Fête ». C’est un peu comme appeler  son enfant Belle ou Ange, une promesse si forte qu’elle peut décevoir… Aucune déception ici !  Le trio détonnant Mimi, Bûche et Koji (on dirait le titre d’un conte pour enfants) a eu raison d’être courageux ou inconscient.

Il faut aller jusqu’au bout de la rue Caulaincourt pour trouver cette salle de bal colorée et festive, une rue qui n’en finit pas et qui dès que les arbres sont en feuilles donne l’impression de progresser dans un tunnel de verdure.
Dans « Jour de Fête », T
ati nous montre un village de la France d'après-guerre dans toute sa joie de vivre, avec un optimisme à toute épreuve. Les personnages sont attachants et Tati y campe un postier à l'ancienne qui essaie de rivaliser avec la modernité américaine.  Dans « notre jour de fête » à nous, les personnages aussi sont attachants. Mimi, si attentionnée qu’elle n’en finit pas de s’excuser pour la petite attente, pour avoir poussé votre chaise pour passer, parce que le restaurant est un peu petit, parce qu’elle a oublié la cuillère pour finir ce bouillon au combawa … Ne vous excusez pas Mimi, vous n’avez pas fait d’école hôtelière ? Quelle importance puisque vous accueillez avec le cœur et le sourire. Bûche, quel drôle de surnom, c’est le Jacques Tati de l’endroit, attachant et vous conseillant avec humilité et passion des vins qu’il a cherchés et trouvés. Bûche réchauffe tant cet endroit qu’il doit régulièrement ouvrir la porte  pour chasser  la buée  des vitres. Bon... Quand parlons-nous gastronomie et contenu d’assiette ?? Maintenant en découvrant le troisième personnage clef de cette belle fable nouvelle, Koji Tsuchiya. Il n’entrera pas en scène, il est en dessous, dans SA cuisine après avoir été soldat à l’Arpège et à Chamarré, le voilà aux commandes et contrairement au facteur il ne rivalise pas avec la modernité des autres, il invente la sienne. Il est beau comme un Samouraï… Du verbe "saburau" qui signifie « servir », tout est là, Koji est au service de la gastronomie et nous avons de la chance. Pour comprendre sa cuisine nous vous invitons à venir avec un manuel des plantes et herbes du 18ème (siècle, pas arrondissement) : combawa, yuzu, shiso, persil plat, thé de Ceylan, romarin, kumquats, matcha… Saveurs intenses ou discrètes, zestes, feuilles, jus, purée… L’armée du jeune Samouraï est pacifiste.

L’amuse-bouche de céleri-rave, crabe, mousse d’avocat et shiso donne le LA , la fête commence. Nous regretterons, et sera la seule critique, qu’il n’y ait pas plus de sauce à l’oseille avec les Saint-Jacques, nacrées comme il faut, du coup la salade d’herbes  est un  peu… pour herbivores. Oubliez le pied de cochon que vous regardez avec effroi dans la vitrine réfrigérée de votre boucher ! Ici, c’est de l’art, comme un maki de crépine et à l’intérieur comme des perles de pieds de cochon avec des herbes inconnues qui parfument,  le gras de l’escalope de foie gras qui apporte le fondant du Sud-Ouest, et le jus de truffe la pointe de luxe. La suite est à l’avenant ! La barbue dans son bouillon de combawa est une perfection et nous apprécions que les légumes croquants ne soient pas les mêmes que ceux des Saint-Jacques. Le maraîcher Joël Thiebault  apporte son soutien à cette aventure. C’est bon et bio ! Gloire à Joël ! Le pigeon est à tomber et qui pouvait imaginer une salade de persil plat aux noisettes ?
On finit en beauté avec des desserts peu sucrés. Ouf, ici pas de fondant au chocolat ou de tiramisus ou de crème brûlée, mais par exemple un  étonnant rouleau de gelée de betterave qui danse collé-serré avec un yaourt à la grecque et s'acoquine avec des mini-meringues au citron et pamplemousse.
C’est un post trop long, mais comment faire court quand des serviteurs de la cuisine du monde nous donnent rendez-vous avec  élégance et humilité ? Il y aurait encore tant à dire sur cette carte des vins très natures, oui, « Soif de plaisir » est un joli nom ou encore sur ce pain dont nous apprendrons qu’il est fait chez Casimir dont vous avons déjà parlé.
C’était jour de fête et souvenez vous de ce nom : Koji Tsuchiya n’a pas fini de briller ! Bonne fête à tous !
C'est une excellente surprise, Jour de Fête mérite largement un MIAM MIAM et on y retournera car le chef n'a visiblement pas dit son dernier mot.

C'est désormais Jojo, alias Jordan, qui remplace Koji Tsuchiya qui a rejoint Chez Graff dans le septième arrondisssement de Paris.

 

Sur l'ardoise, nous avons choisi :

  • Pied de cochon, foie gras poêlé, sauce truffe
  • Saint Jacques, salade d'herbes, légumes croquants, sauce oseille
  • Pigeonneau, purée de persil, noisettes en herbe
  • Barbue bouillon, combawa, légumes croquants     => Notre coup de coeur
  • Roulé de gelée de betterave, yaourt grec, petites meringues citron pamplemousse
  • Parfait yuzu, glace thé vert macha

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La corbeille de pain (*)   Soif de Plaisir (Côtes du Roussillon)        L'addition (2) : 132.80 €

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(*) Le pain fait maison : il vient tout droit du restaurateur propriétaire de Chez Michel et Chez Casimir (rue Belzunce, Paris 10). Faites un petit tour dans les archives, le 29 janvier 2012, nous avons brunché Chez Casimir.

 


Jour de fête

41 rue Caulaincourt, 75018 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 77 18 04 23

Métro : Lamarck - Caulaincourt

Ouvert du jeudi midi (12:30 - 14:30) au lundi soir (20:00 - 22:30), fermé le mardi et le mercredi

 

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