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Le mot qui vient spontanément  à la bouche  pour décrire  le restaurant Playtime  c’est « élégance ». Élégance de l’endroit d’abord, des chaises Charles et Ray Eames (Avez-vous noté que souvent Ray, Madame Eames disparaît ?), des carreaux de ciment, des bouquets de branches,  des lampes (façon?) Mouilles (Avez-vous noté que souvent Gin, Madame Mouille, disparaît ? Alors que c’est elle qui a réédité les lampes de son mari). Un mot sur ces lampes !  Conçues à  partir d’une étude de l’anatomie des corps associée à l'érotisme imaginaire de  Serge Mouille, c’est en  en 1953 qu’il imagine ses fameuses lampes aux réflecteurs noirs dites « Tétons de négresse », et dont il dira  « Les lampes c’est comme le cul et les nichons, ça se touche ! », élégance, on vous a dit élégance. Voilà un bel endroit qui n’imagine pas un néo-bistrot, qui ne copie pas du Garcia, qui n’obéit pas à du Damidot de dimanche soir, qui ne fantasme  pas une auberge mais qui s’invente une élégante modernité des années cinquante.

Élégance de la compagne du Chef, Viveka Sandklef, suédoise d’origine, qui reçoit avec grâce et subtilité, toute en douceur scandinave. Avec un accent simplement délicieux, elle vous dit leur coup de foudre pour cet endroit, son amour pour le quartier, le choix du pain de Landemaine  et elle parle avec encore plus d’amour de la cuisine de son compagnon, Jean-Michel Rassinoux. C’était à l’automne 2010, ce n’est donc pas une découverte mais une redécouverte, une confirmation de l’emballement médiatique d’alors. Ils ne se sont pas brûlé les ailes en vol, bien au contraire, le service que l’on disait parfois chaotique est fluide, lui aussi élégant, pas de tenue débraillé, sans être compassé, la cuisine que l’on disait parfois  longue est just in time… to play.

Élégance du Chef et élégance de sa cuisine. Il a travaillé aux États-Unis pour la chaîne Ritz-Carlton, ils ont beaucoup voyagé  et sa cuisine multipolaire s’en ressent, une élégante cuisine inventée et fusionnée au gré des voyages donc, des saisons et du marché. Un menu unique à 39 euros avec entrée, plat et dessert et quelques tout petits suppléments, parfois. Ce soir les asperges, que nous aurions pu appeler demoiselles d’Argenteuil, comme dans un vieux menu, en écho à l’élégance du moment, se cachent  sous une belle émulsion, légère et discrète, comme un nuage et on aperçoit un foie gras, rosé, d’une pureté incroyable, la crème de tofu apportant de la douceur à un plat... virginal, troublant. Les poulpes sont eux aussi troublants mais pour d’autres moins bonnes raisons, le test des yeux fermés ne permet pas de les reconnaitre, c’est très bon, mais Porto et épices l’emportent, c’est du poulpe, ce pourrait être autre chose. Les plats s’inscrivent dans l’élégance de la soirée, fondant marocain pour le merlu, crumblant périgourdin pour le veau et nous remarquons tout particulièrement les accompagnements, ici non secondaires : les grenailles de Noirmoutier, rôties parfaitement, s’encanaillent avec une brunoise de mangue, ça détonne, ça étonne, ça tonne ! Comme cet espuma de pois chiches, léger comme un plat de régime  et goûteux comme un plat de terroir ou cette purée de petits pois, verte comme une prairie normande plantée de menthe. Les desserts ne déçoivent pas, on finit en beauté, eux aussi sont élégants, et même  le fondant au chocolat, vu et revu, revendique ici son originalité, et assume sa puissance. C'est simplement très bon, comme  cette mousse de Brocciu au thym, comme une mousse des garrigues, entendez-vous les cigales ? Surtout après un Minervois à 22 euros, belle découverte de 2007 parmi une jolie carte des vins, elle aussi à l'image de tout le reste, élégante !

Comme la décoration, la cuisine ici ne copie pas, ne fait pas comme, c’est la cuisine imaginée par Jean-Michel, elle lui appartient, même l’amuse bouche ici est ailleurs, un pain au sarrasin fait maison, avec un bon goût de tourtous (crêpe corrézienne pour ceux qui ne parle pas encore couramment le Président) et un beurre aux baies roses, c’est certain ça change de la verrine de velouté de carotte !

Alors, on met un jean élégant, des vieilles baskets élégantes et on courre profiter de ce moment délicieux,  un peu sonore parfois mais par contre ici on respecte l’espace du client, pas de banquette brasserie à touche-touche, même si on est à Paris, on vous le dit, élégant… et très bon, bref MIAM MIAM.

 

Parmi les propositions du menu, nous avons choisi :

  • Poulpe mariné au Porto et épices, oignon doux rôti au gras de Pata Negra
  • Crème d'asperges blanches au tofu, foie gras, sésame noir et yuzu
  • Dos de merlu confit à l'huile d'Argan, émulsion petit pois, menthe et coriandre, grenailles de Noirmoutier
  • Pavé de veau, crumble-noix, espuma de pois cassés et citron niçois de Vadouvan
  • Mousse de Brocciu au thym, sorbet orange sanguine - Jerez, biscuit au miel de châtaigne
  • Fondant au chocolat, pruneau au vin et aux épices, tuile au cacao

Playtime Poulpe mariné au Porto J&WPlaytime Creme d'asperges J&WPlaytime Dos de merlu J&WPlaytime Pavé de veau J&WPlaytime Mousse au brocciou J&WPlaytime Fondant au chocolat J&W

 

  Le pain de Landemaine        Minervois 2007     L'addition (2) : 110 €

Playtime Corbeille de pain J&W      Playtime Minervois 2007 J&W      Oups, on l'a oubliée sur la table, pas de photo...

 

Playtime a fermé ses portes et laissé la place à une nouvelle table, Mamagoto avec aux fourneaux Koji Tsuchiya que l'on avait connu chez Jour de Fête.

 


Playtime

5 rue des Petits Hôtels, 75010 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 44 79 03 98

Métro : Gare du Nord, Poissonnière

Ouvert du lundi au vendredi de 12:00 à 15:00 et de 19:30 à 22:30 sauf le lundi soir.

 

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