Manzanilla Bar (2) J&WManzanilla Plaque J&WManzanilla Vitrine du bar (2) J&WManzanilla Salle (3) J&W

Il y a de très grands Chefs en Espagne et parfois les français, si fiers de leur gastronomie, cocorico, oublient que les espagnols trustent les premières places dans le classement, certes contesté et sans doute contestable comme tous les classements, des meilleurs restaurants du monde. Nous connaissons bien en France Ferran Adrià et son restaurant elBulli, qu'il ferme en pleine gloire mais il y en bien d'autres comme Sergi Arola dont nous avons déjà parlé, Martin Berasategui au Pays Basque ou ici en Andalousie José Carlos Garcia dont nous reparlerons très vite (et pour cause... notre premier Triple Miam en dehors de la France) ou encore Dani Garcia, Chef doublement étoilé qui vient de revendre toutes les actions de ses restaurants à Marbella, Madrid ou Cadix.

Pourquoi ce retrait ? "C'était difficile de tout contrôler" déclare-t-il simplement à El Mundo début juin 2012. Et puis aussi pour se lancer dans une nouvelle aventure, Manzanilla, ici à Malaga, qui aura en novembre prochain un petit frère ou une petite soeur à New-York (Park Avenue South, selon nos informations), des gastrobars décoincés qui ne sont pas sans nous rappeler la bistronomie des jeunes chefs français.

La mode des gastrobars espagnols n'est pas passagère, ils se sont installés avec force et durablement dans le paysage gastronomique et les plus grands chefs y contribuent avec bonheur comme ici ou chez Lolita Taperia à Barcelone ou avec erreurs comme chez Tapas, 24 le gastrobar  "attrape touristes" du Chef étoilé Carles Abellan.

Mais commençons donc ici  à Malaga,  avec ce presque scoop... Depuis le 28 juin dernier, dans une minuscule rue, à la place de son ancien établissement, La Moraga, Dani Garcia nous régale de tapas chics, très coutures, certaines des collections 2000 ou 2009, et surtout très très très bonnes. Ferran Adrià a dit que la cuisine espagnole se réinventera grâce aux tapas et aux repas informels, Dani Garcia donne du corps à cette idée.

Nous arrivons sans réserver, il est dix heures, plus aucun tabouret, mais par chance un espace, juste en face des cuisines, voilà une histoire à manger debout, pas question de rater ça. Quelques tables et surtout, et c'est là que ça se passe, un grand bar vitré qui laisse voir les tapas ou plutôt les œuvres, les créations de Dani Garcia. Ainsi c'est d'abord une surprise pour les yeux, nous voici comme des enfants chez la marchande de bonbons et ses bocaux multicolores, on voudrait tout goûter, on montre du doigt. Notre serveuse ne parle pas anglais, notre espagnol, surtout gastronomique, est pauvre mais on se comprend toujours entre gourmets gourmands.

Ce petit foie gras au bain-marie est gras à souhait, plus comme un bloc, avec de la pâte de coing et des biscottes : c'est suave, sucré, croustillant, salé, là c'est du presque classique, sauf le prix, moins de 10 euros ! En revanche, Garcia revisite les rouleaux de printemps et en fait un nouveau plat, pas facile à manger mais des parfums de Vietnam provoquent une classique salade pippirana que l'on sert tout particulièrement dans la région de Malaga. Et que dire de ce mini burger Rossini ? Que c'est une bonne claque au burger de Mac D. ? Ou plus sympa, un clin d'oeil à la France, et à Casimir Boisson qui aurait inventé la recette, et à New-York ? En tous les cas on peut sentir la fusion des histoires, la mayonnaise à la truffe rajoute de l'onctuosité et la touche luxe pour moins de 6 euros...
Le gaspacho revisité à la cerise, aux anchois et au fromage frais est une révélation, une révolution, la recette créée en 2000 est dans son dernier livre (Uniquement disponible en espagnol ? Quel éditeur aura la bonne idée de le traduire en français alors que la folie des tapas s'est emparé de l'hexagone ?). On quitte l'Espagne et on est catapulté en Corée avec quelques crevettes,sauce kimuchi, qui l'eut cru ? On revient en Andalousie avec ce thon rouge pêché à l'ancienne, une histoire compliquée de double filet et de labyrinthe... On voyage, on part, on revient, on repart, on revient, pica pica. "Bueno ?" demande notre serveuse "No, riquisimo !".
Souvent on peut faire l'impasse sur les desserts dans les bars à tapas, mais ici c'est un grand moment, ne passez pas à côté ! Intrigante pleine lune de chocolat blanc avec un coeur fondant de mandarine sur une terre de chocolat noir (collection 2009). C'est d'abord très beau et c'est ensuite très bon comme une orangette qui serait passée dans une machine à avancer dans le temps ! On n'y croit pas. Et ce petit pot de pestinos ? Il nous rappelle nos achats du matin, dans une boulangerie derrière la cathédrale, forcément revisité par le Chef, simple et efficace, il faut résister pour ne pas refaire un voyage sur la lune...

 Alors c'est un grand oui à Manzanilla, le gastrobar du chef doublement étoilé, est une magnifique réinterprétation des bars à tapas, des racines andalouses, des influences americaines mais pas seulement, et surtout le génie créatif de Dani Garcia, c'est MIAM MIAM, pour une gastronomie très abordable, avec un très bon vin blanc de Navarre ! On croit rêver ! Pas étonnant alors que l'endroit ne désemplisse pas... Les New-Yorkais devront attendre l'automne pour en profiter à leur tour, il sera alors intéressant de voir comment le bar à tapas andalous sera adapté ou non... Et si l'idée pouvait venir à Dani Garcia de s'installer aussi à Paris ? 68 euros vin compris pour se régaler d'une cuisine de grand Chef, qui dit mieux ?? Viva España !

 

Nos choix de tapas :

  • Pot de foie gras, recette traditionnelle au bain marie
  • Gaspacho à la cerise, fromage frais, anchois (recette créée par Andi Garcia en 2000)  => Notre coup de coeur
  • Rouleaux de printemps vietnamiens revisités : laitue, salade pippirana
  • Demi-citron vert de crevettes marinées dans une mayonnaise au kimuchi (mets traditionnel coréen à base de piments légumes fermentés) spéciale Andi Garcia
  • Tataki de thon de Almadraba, soja, tomate fraîchement coupée et huile d'olive vierge AOVE
  • La nueva Burguer Rossini : Boeuf, foie gras, oeuf de caille au plat et mayonnaise à la truffe
  • Pig burguer : Burger de porc ibérique avec bacon et mayonnaise teriyaki
  • Pleine lune, dessert de l'ancien restaurant Calima de Andi Garcia en 2009 : chocolat blanc, mandarine, yuzu sur une terre de chocolat
  • Aromas Malaguenos : petit pot rassemblant les saveurs des pestinos, petits beignets traditionnels d'Andalousie

Manzanilla Foie gras J&WManzanilla Gaspacho à la cerise J&WManzanilla Tataki de thon J&WManzanilla Rouleaux de printemps J&WManzanilla Crevettes citron vert J&WManzanilla Burguer Rossini J&WManzanilla Pig burguer J&WManzanilla Pleine lune (2) J&WManzanilla Aromas malaguenos J&W

 

La corbeille de pain                    Botani Muscatel Seco                      L'addition (2) : 68 €

Manzanilla Corbeille de pain J&W                      Manzanilla Botani Muscatel seco J&WJPG                      Manzanilla Addition J&W

 


Manzanilla

12 Calle Fresca, 20015 Malaga (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 00 34 952 226 851

Horaires d'été (de mai à septembre) : du lundi au samedi de 13:00 à 16:00 et de 20:00 à 23:30 (du lundi au mercredi) et 24:00 (du jeudi au samedi).

 

Retrouvez d'autres photos de Manzanilla en cliquant sur :

BONUS PHOTOS !