L'Opéra Restaurant Salle (11) J&W L'Opéra Restaurant Salle (5) J&W L'Opéra Restaurant Terrasse (2) J&W

On attaque la deuxième saison, toujours avec un lieu sublime comme décor, un Chef doublement étoilé comme compositeur, un Gault et Millau d’or comme Chef d’Orchestre et pourtant...

L'Opéra Restaurant Extérieur (1) J&WReprenons au début, son ouverture en juillet 2011 avait fait les titres et le buzz. Il y avait de quoi, ce restaurant était attendu depuis 1875 ! Charles Garnier n’avait pas eu les moyens de le réaliser, Pierre Bergé avait repris le flambeau à partir des années soixante-dix, mais le lieu bénéficiant des protections tatillonnes du Ministère de la Culture, monument historique oblige, les porteurs de projet allaient de refus en refus. La fausse bonne idée aurait été de confier le projet à l’architecte Jacques Garcia (très Napoléon III comme le lieu), la vraie bonne idée a été de le confier à « l’architecte punk » Odile Decq, celle dont le Monde du 27 juillet 2012 nous apprend qu’elle ne se sépare jamais de sa trousse de maquillage (parfois ce journal est surprenant…) !

Pas simple comme projet : pas le droit d’installer des fenêtres, pas le droit de toucher aux voûtes, obligation de respecter l’identité d’origine, possibilité de redonner au lieu son état d’origine,  attendu depuis  136 ans par les gastronomes, redouté depuis 136 ans par les passionnés d’opéra… Le résultat est splendide et à la hauteur des enjeux ! Odile Decq nous offre un écrin de volupté pour se poser dans ce quartier brouillonnant et bruyant. Étonnante mezzanine qui semble presque flotter dans l’air, comme un ruban de cerf-volant, la lumière entre à flot dans ce lieu de sociabilité, courbes douces, rondes, blanches, Odile Decq « no future » invente un futur joyeux à l’ancienne rotonde ou attendaient jadis les fiacres. Malgré les six mètres de hauteur sous voûte, on entre dans un cocon, on s’y sent bien, pas de résonance, bruits, étouffés, rouge clin d’œil au rideau et aux sièges de l’Opéra, mais rouge plus voyant, rouge plus lipstick, rouge moins solennel, rouge plus sensuel. Les amants se réfugient sur la mezzanine, et on parle business au rez-de-chaussée avec une vue sur la terrasse, la seule faute de goût, gazon synthétique et deux pots de fleurs qui feraient honte à un élève en première année de CAP paysagiste.

L'Opéra Restaurant Salle (10) J&W L'Opéra Restaurant Salle (12) J&W L'Opéra Restaurant Salle (9) J&W

Mais on ne parle pas de gastronomie ? De cuisine ? De nourriture ? De l’assiette ?  Si, c’est l’objet de ce blog mais on repousse le moment douloureux de vous dire  notre déception. Pensez donc : un Chef doublement étoilé, Christophe Aribert, discret (lire : qui ne fait ni Top Chef, ni Masterchef, ni Panique en Cuisine…), Chef du restaurant  « Les Terrasses » à Uriage,  écrit la partition. Un Chef rock’n roll, un tatoué, un breton, un Gault et Millau d’or 2012, Yann Tanneau, l’exécute, c’est le Chef d’orchestre, le Chef exécutif.

Malheureusement cela ne fonctionne pas. D’abord c’est irrégulier, nous y étions quelques jours avant et c’était bien. Mais nous parlons ici de ce déjeuner. Et on se demande si les Chefs ont décidé de nous mettre au régime avec CETTE raviole de crabe, oui une seule, 15 euros, sans goût, sans saveur, même pas assaisonnée, le bouillon  des  carcasses est un bouillon clair qui a oublié ses parfums d’iode, surprenant alors que le Chef exécutif est breton et qu’on l’imagine passionné par les beaux produits qu’offrent la mer et l’océan. Pour la bonite, pas plus de saveur, si ce n’est celle du cumin qui prend le dessus, n’est pas munster qui veut, et l’avocat n’assure pas la défense du plat. On se dirige vers le BOF d’autant que personne n’a essuyé les bords d’assiette après la table de préparation, aucune importance dans une petite cantine mais là ça ne passe pas… Nous vous livrons un scoop, le lave-vaisselle de l’opéra ne sèche plus !

L'Opéra Restaurant Boeuf picanha (2) J&WLes plats (autour de 30 euros !) vont presque sauver ce déjeuner. Malgré une écrasée de pomme de terre très sèche (est-ce une bonne idée de la rôtir ?), on aime le piranha, à la fois découpe de viande (morceau découpé à la base  supérieure de la queue, presque comme un magret) et race de bœuf  noir brésilien du sud  ou argentin. Une belle viande persillée et tendre qui aurait mérité une cuisson saignante mais on ne dénoncera pas qui de Jack ou Walter l’a commandée à point, là, les chefs n’y sont pour rien ! Excellente sauce fusion food qui vient avec bonheur reL'Opéra Restaurant Pata negra côte rotie (2) J&Wssusciter la pomme écrasée. Malheureusement nous gardons en mémoire le même morceau cuit à la broche avec sa couche de graisse à la Churrascaria Bufalo Branco à  Foz do Iguaçu, au Brésil à la frontière avec l’Argentine et le Paraguay, du temps où nous ne partagions pas via ce blog... Nous nous égarons, revenons à Paris. Le pata negra n’est plus à la mode, fort heureusement  il est devenu un classique et il est proposé là avec imagination et talent : citron, olives noires, miel, cela surprend et c’est bien, pourquoi tout n’est-il pas dans cet esprit : produits de qualité, alliances  inattendues, subtilité des saveurs et hommage à Jean Paucton, l’apiculteur qui s’occupe des ruches  posées sur le toit de l’Opéra et de celles de Patrick Roger.

Pas de dessert, quand ça le fait pas, faut savoir s'arrêter, donc pas de Mikado géants offerts avec le café contrairement au dernier déjeuner, pourquoi ? On ne sait pas…

Alors ? Un PETIT MIL'Opéra Restaurant Table (2) J&WAM pour ce restaurant  au pays des petits rats, malgré un service souriant et sympathique, très efficace le midi quand le temps est compté, malgré un lieu chargé d’histoire magnifié par Odile Decq et malgré une promesse d’un ticket de Chefs qui devrait être gagnant mais ne l’est pas. On reste sur des prix élevés pour un déjeuner,  même dans le quartier.

Alors on n’y va pas ? Si, pour découvrir le lieu et on reste sur le menu du marché à 36 euros ou pour un déjeuner d'affaires ! Et  on file plutôt chez Saturne, qui de mois en mois reste notre MIAM MIAM du quartier ou pourquoi pas, pour 49 euros, on va jusqu’à la rue du Louvre pour tester le déjeuner de La Dame de Pic. Messieurs les Chefs, vous avez tout pour réussir, que manque-t-il ? Pas le talent, aucune raison de le croire, l’envie alors ?

Après trois saisons, Christophe Aribert a mis fin à sa collaboration avec L'Opéra Restaurant.

 

Nous avons choisi au déjeuner :

  • Crabe en raviole, citron, gingembre, coriandre et bouillon des carcasses
  • Bonite marinée à cru, menthe, cumin, avocat et croustillant de pain
  • Boeuf picanha, pomme de terre écrasée rôtie et jus au cidre
  • Pata negra côte rôtie, miel de l'Opéra, citron, gratin de courgettes et olives noires

L'Opéra Restaurant Crabe en raviole (2) J&W L'Opéra Restaurant Bonite (2) J&W L'Opéra Restaurant Boeuf picanha (1) J&W L'Opéra Restaurant Pata negra côte rotie (1) J&W

 

             Crème de céleri                           Le pain                              L'addition (2) : 119 €

L'Opéra Restaurant Crème de céleri (2) J&W L'Opéra Restaurant Pain J&W L'Opéra Restaurant Addition J&W

 


L'Opéra Restaurant Carte de visite (1) J&W

L'Opéra Restaurant - Palais Garnier

Place Jacques Rouché, 75009 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 42 68 86 80

Métro : Opéra, Chaussée d'Antin - La Fayette

www.opera-restaurant.fr

Ouvert tous jours de 7:00 à minuit

 

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