L'Hôtel de Sers Extérieur (2) J&W L'Hôtel de Sers Galerie des portraits (1) J&W L'Hôtel de Sers Salle de restaurant J&W

« Mais qui connait le Restaurant de l’Hôtel de Sers ? » aurait pu déclarer une ancienne candidate à la présidentielle… En même temps est-ce vraiment important ?

Que c’est difficile de dire qu’on n’a pas aimé une table ! Comment commencer ? On va peut-être faire de la peine au Chef, à son équipe, aux serveurs et nous, on n’aime pas faire de la peine. Et puis parfois le Chef est tellement mécontent que ses amis et lui nous écrivent pour nous dire que nous sommes nuls et leurs appréciations sont aussi valables que les nôtres bien que parfois moins argumentées. Comme le Chef, on n’aime pas ne pas être aimés... Courage, attaquons, enfin commençons.

L'Hôtel de Sers Extérieur (1) J&WCe bel hôtel cinq étoiles (ça commence mal) a accueilli son restaurant en 2005. Nous savons depuis la rencontre avec Bruno Borrione que c’est toujours la  tendance : un hôtel de luxe, un architecte connu et un chef renommé, donc ici Hôtel de Sers, Thomas Vidalenc, l’architecte et Christophe Hay, le Chef. Une entrée par la Galerie des Portraits, enfin l’ancien passage qui conduisait les fiacres du bas de l’escalier d’honneur aux écuries, un côté faux Versailles qui  peut plaire à certains, par contre sur la gauche le toujours très bel escalier monumental, des bougies sur les marches. Neuf ou dix cadres dorés plus loin, une salle à la décoration très années 2000, ce sera sans doute à nouveau à la mode un jour, ce n’est ni laid ni joli, et puis le mauvais goût c’est toujours celui des autres, disons simplement que nous n’aimons pas.

L’endroit est presque vide, un petit séminaire d’entreprise, une table de brésiliens très mode « ma chéérrie tou é maaagnifaïque » (à prononcer façon Christina Cordula), une table de garçons et une table de fashionistas chinoises, grignotant à peine et nous déculpabilisant avec leur trois gros zooms à mitrailler tout et surtout elles. Canon-isons nos plats sans retenue, personne ne le remarquera. Il  ne semble  pas facile d’attirer une clientèle extérieure malgré une réduction de 30% sur l’addition grâce à la marque au trident.

Accueil et service sympathiques mais pas raccord avec le niveau de prix et le luxe revendiqué, nous garderons notre vestiaire, empilé sur une chaise. Nathalie, qui nous accompagne et qui arrive après nous, aura elle plus de chance. Interruption de la parole sans délicatesse " Alors, le ris de veau c'est pour qui ? ", un petit stage chez Ferrandi pour apprendre à prendre une commande serait sans doute nécessaire. Pas d'excuses pour le millésime de la bouteille qui n'est pas celui de la carte, " Oui c'est possible, on a eu des livraisons aujourd'hui ". Bref oublions ce service qui en est resté à l'époque de l'hôtel  des voyageurs de 1935 et ce passage sur le site de l'établissement " ... Fort d'un service impeccable ... ". Après tout ce Pinot Noir plus jeune est fort agréable, " Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années ", mais Corneille savait-il aussi sonder l'âme des vins ?

A table ! Le Chef Christophe Hay, arrivé en 2008, propose une cuisine « Sous l’influence américaine issue de son expérience aux Etats-Unis ». Il a été pendant cinq ans Chef d’un restaurant du Pavillon de France, à Epcot Center à Orlando, une reconstitution à la Disney World de l’art de vivre à la française, ça fait un peu peur :  " … be transported across the Atlantic and travel the streets of Paris and the provinces of France during an era known as La Belle Epoque, or "the beautiful time". Beautiful gardens, quaint shops and architecture full of character, along with a scaled-down replica of the Eiffel Tower, suggest an air of French life… ”.

Dommage  le crab-cake, un must de la cuisine américaine,  a seulement le goût du cake, sans intérêt, ce n’est pas le souvenir des crab-cakes généreux dévorés dans le Maryland. Nathalie est tout aussi sévère avec son entrée, le ris de veau est « une éponge », la betterave chioggia, non annoncée, impose sa force et sa couleur à l’ensemble, elle est inutile et déplacée,  par contre la cuisson de LA  langoustine est parfaite. Le homard de Vincent Doucet, le moustachu de Saint-Brieuc qui a séduit les chefs des étoilés,  est présenté froid, un peu comme chez notre traiteur de la rue du Poteau, du parmesan, des artichauts et du jambon ibérique, il a du mal à s’imposer et ne s’impose d’ailleurs pas.

L'Hôtel de Sers Galerie des portraits (2) J&WOn voudrait dire au Chef de faire plus simple, mais il va nous dire « de quoi je me mêle » ! Et pourtant c’est peut-être là une explication de notre déconvenue : trop de goûts, trop de dressages, trop d’émulsions, trop de décorations, trop de bling-bling. Bref redécouvrons le charme discret de la bourgeoisie qui irait si bien à l’endroit ! Le Bar de St-Quay est un bon exemple de cet équilibre, on retrouve le produit, le beau produit, même si nous avons encore ces  émulsions-gadgets. La daurade par contre  ne retrouve pas sa vague : des encornets, des amandes, des merguez, de l’avocat, du concombre, du thé… Le sot l’y laisse s’en sort un peu mieux, là aussi c’est plus simple mais on regrettera pour 41 euros le manque de générosité en truffes fraîches d’été, on cherchera les copeaux que pas sot nous ne voulions pas laisser,  et on se souvient avec nostalgie de cette simple pizza à la truffe blanche de Brice Morvent… mais ce n’était pas dans un cinq étoiles près des Champs Elysées, c’était dans ce petit marché de Saint-Martin.

Tout ceci ne nous aura pas donné envie de découvrir les desserts, on vous avait prévenus, on n‘a pas aimé, 255 euros à trois sans la réduction, entrée et plat,  avec un vin à 39 euros, c'est trop cher et  c’est donc un PETIT MIAM. Il  y a tant d'autres endroits à Paris pour se régaler. 

Il parait que les chambres de l'Hôtel de Sers sont magnifiques… mais nous, nous voulions juste dîner avec Nathalie ! Alors on a repris en sens inverse la Galerie des Portraits pas rigolos, les bougies dans l’escalier d’honneur se sont éteintes, on ferme !

Christophe Hay s'est lancé dans une nouvelle aventure depuis mai 2014 en La Maison d'à Côté à Montlivault et c'est Jordan Delamotte qui le remplace.

 

Nous avons choisi à la carte :

  • Langoustines et ris de veau, pochés au lait de coco, purée d'herbettes iodées, roquette et asperges vertes
  • Homard breton de Vincent Doucet, sablé fin au parmesan, jeunes légumes croquants du jardin, crème d'artichaut violet et copeaux de porc ibérique
  • Crabe tourteau en gâteau comme un "crab cake", salade d'herbettes et chou-fleur croquant, crème au wasabi
  • Bar de St Quay rôti, bigorneaux au beurre de basilic, crème de courgette et micro tomate
  • Daurade royale, encornets, amandes, merguez, mayonnaise d'avocat et concombre en infusion de thé de jardin
  • Sot l'y laisse de volaille et écrevisses, riso crémeux au parmesan, sifflets de courgettes et copeaux de truffe fraîche d'été

L'Hôtel de Sers Langoustines et ris de veau J&W L'Hôtel de Sers Homard breton de Vincent Doucet J&W L'Hôtel de Sers Crabe tourteau J&W L'Hôtel de Sers Daurade royale J&W L'Hôtel de Sers Bar de St Quay J&W L'Hôtel de Sers Sot l'y laisse de volaille et écrevisses J&W

 

                 Le pain             Pinot noir Adam 2011       L'addition (3) (avec réduction) : 178.50 €

L'Hôtel de Sers Pain J&W L'Hôtel de Sers Pinot Noir Adam 2011 J&W L'Hôtel de Sers Addition J&W

 


L'Hôtel de Sers Carte de visite J&W

Le Restaurant de l'Hôtel de Sers

41 avenue Pierre 1er de Serbie, 75008 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 53 23 75 75

Métro : George V, Alma-Marceau

www.hoteldesers-paris.fr

Ouvert du lundi au samedi de 7:00 à 22:45 et le dimanche de 7:00 à 22:00. Brunch 100% bio le dimanche de 11:30 à 15:30.

 

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