Afaria Terrasse J&W Afaria Definition d'Afaria J&W Afaria Salle (2) J&W

Afaria !! « A table » en basque, et quelle table que la table de Julien Duboué…

Ce jeune Chef est passé chez Drouant, Chez Daniel à New-York ou encore au Carré des Feuillants et puis à vingt-sic ans une envie d’autonomie, de bistrot et de basquitude et le voilà dans le quinzième aux commandes d'Afaria, cinq ans déjà que ce Landais régale les Parisiens et aussi tous les autres…

Encore un restaurant qui pratique les deux services, depuis notre billet sur Vivant, vous savez ce que nous en pensons, alors un conseil, choisissez plutôt le deuxième, à 21 h 30, au moins on ne vous bousculera pas pour laisser votre place aux suivants !

C’est vraiment une belle impression quand on entre à l’Afaria, on retourne d’un coup en province et c’est bon ! Comme une bouffée d’authenticité, ne cherchez pas la dernière déco tendance, ni le folklore basque même si le rouge du linge basque ou des piments séchés ne trompe pas sur la destination. Vous passez le bar, sa table d’hôte et les tapas, au passage un regard dans les cuisines, ça chauffe, ça flambe. Ne vous formalisez  pas d’un service qui peut paraître un peu rugueux de prime abord et qui est fort sympathique en fait. Vous voilà dans la salle, vous voilà à Dax ou à Bayonne, les grands miroirs servent d’écritoires pour des vins  de pays mais aussi pour des grands crus… et ça peut monter très haut ! Nous serons raisonnables avec ce Minervois à l’accent rocailleux, on dirait le Sud…

La façon de présenter la carte est maline : plusieurs associations (une entrée, un plat, un dessert) sont proposées, classique, à partager, produits nobles, retour de voyage, sudiste. Ce qui est  encore plus malin, c’est que vous pouvez piocher partout, ce que nous avons fait car nous sommes un peu tout ça à la fois, la nature humaine est complexe. Pas de formule donc, pas de menu mais les prix restent raisonnables, d’autant que vous pouvez ne prendre que le plat, mais ce serait dommage…           

Levant enfin le nez de la carte et des miroirs aux vins, quelque chose nous intrigue mais ce n’est pas immédiat. Et tout à coup, mais oui mais c’est bien sûr : ce n’est pas un endroit à la mode ! Pas de concentration de bobos, de hipsters, de touristes américains ou japonais, nous nous sentons bien seuls avec notre Nikon, pas  plus de concentration de troisième âge, de jeunes diplômés d’écoles de commerce, de provinciaux, de couples amoureux ou/et illégitimes, de familles, de rugbymen sensibles, de Parisiens, de provinciaux ou de modasses, mais un joyeux mélange de tous, que c’est bien, que c’est reposant ! Et même si au pays basque on peut avoir le verbe haut, ici on parle à voix basse et on n’impose pas aux voisins le détail de sa liposuccion ou les mesquineries de sa chef de service.

Mais assez tergiversé ! C’est comment dans l’assiette ? C’est généreux, chaleureux, classique mais pas ennuyeux, parfois revisité avec malice et très très bon !

Regardez la photo des couteaux, mais que c’est beau !  Pas des petits couteaux à beurre de dînette mais trois gros couteaux coupés au couteau, les derniers cèpes de la saison, il y a eu une poussée, un peu d’ail, un peu de verdure, accord  parfait, c’est un plat simple  qu’il est si facile de rater sans la précision des cuissons, une noble entrée ! Et cette carbonara revue par le Chef ? Un souvenir de Little Italy peut-être ? Mais revu et corrigé, un bien joli voyage à refaire à la maison (c’est toujours aussi joli un œuf de caille…).

Quand nous avons vu sur la table à côté le magret à partager, nous avons eu un regret, mais juste deux secondes, le temps de voir nos plats : le condiment d'huître réveille le filet de maigre, et c’est bien connu un bon maigre vaut largement un mauvais bar ! Ce condiment d'huîtres est fortement iodé, c’est vif, presque cinglant, le vent de l’océan souffle sur la table et si vous ajoutez une pincée de piment d'Espelette, on y est. En face ? Un chou farci ! Mais attention, pas n’importe lequel, un petit dôme, un millefeuille au faisan ! Une farce à la fois subtile et puissante, le goût du gibier à plume, quelques belles girolles, c'est beau l'automne,  de l'ail en chemise, c’est une perfection, à l’exception des goujonnettes servies avec, bien trop sèches, seul bémol de la soirée… c’est bien peu.

Il faudrait s’arrêter là mais nous avons commandé au début, et tant mieux, le soufflé au chocolat à partager, et là… c’est la table voisine qui regrette de ne pas l’avoir fait. Un piège à gourmands, nous sommes faits ! Même la glace est généreuse, ne passez surtout pas à côté.

media_file_1859C’est évidemment MIAM MIAM et c’est en retraversant Paris sur le fidèle scooter dans la nuit froide que nous avons eu une révélation! En traversant la Seine, face à nous, la vieille Samaritaine  affiche, souvenir de la Nuit Blanche, l'oeuvre de Laurent Grasso, vingt-cinq mètres de néon pour une enseigne lumineuse rouge (basque ?) : "Du soleil dans la nuit", oui, c’est ça, c’est Afaria. Si l’hiver provoque en vous une petite déprime, on vous prescrit Afaria, à renouveler, en attendant la terrasse au printemps.

PS : Vous ne pouvez pas vous rendre à Afaria ?  Vous pouvez vous faire plaisir avec le livAfaria Salle (6) J&Wre  Esprit Bistrot aux Editions MMR, Mes Meilleures Recettes. Julien Duboué y livre une douzaine de recettes comme chacun des autres Chefs : Bruno Doucet,  La Régalade, Christian Etchebest,  La Cantine du Troquet Dupleix, Thierry Breton, Chez Michel et Chez Casimir (oh ce brunch ! notre premier billet ?), Stéphane Jego, à L'Ami Jean, en tout soixante recettes très très bistrot, très très bonnes. Et puis, il y a cette interview de Julien Duboué que nous ne connaissons pas et qui nous permet de mieux le connaître, et là on se dit, ce Chef a l'air d'être une belle personne !

 

 

Nous avons choisi à la carte :

  • Carbonara de cèpes vinaigrés et magret fumé
  • Poêlée de couteaux et cèpes  => Notre coup de coeur
  • Pavé de maigre et étuvée de poireaux, condiments d'huîtres et pignons de pin
  • Chou farci au faisan, goujonnettes de suprêmes
  • Soufflé au chocolat, glace vanille

Afaria Carbonaro de cèpes et magret J&W Afaria Couteaux et cèpes (2) J&W Afaria Pavé de maigre (1) J&W Afaria Chou farci au faisan (1) J&W Afaria Soufflé au chocolat (2) J&W
 

               Le pain                             Minervois Kalys 2010              L'addition (2) : 119.50 €

Afaria Pain J&W Afaria Minervois Kalys 2010 J&W Afaria Addition J&W

 

Le restaurant a changé de direction et a été repris par deux associées, Ludivine et Frédérique.

 


Afaria Carte de visite (1) J&W Afaria Rue Desnouettes J&W

Afaria

15 rue Desnouettes, 75015 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 48 42 95 90

Métro : Convention

www.afaria.fr

Ouvert du mardi au samedi de 12:00 à 14:00 et de 19:00 à 23:00.

 

Retrouvez d'autres photos d'Afaria en cliquant sur : BONUS PHOTOS !

 

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