La Rallonge Salle (1) J&W La Rallonge Salle (9) J&W La Rallonge Salle (4) J&W

Peu de monde se souvient que c’est au « beau Süe », à Eugène Süe que nous devons « Les mystères de Paris ». Sa petite rue du dix-huitième arrondissement, bien petit hommage de la Ville de Paris, nous renvoie  à un autre de ses livres, sans doute encore moins connu, « Les sept péchés capitaux » avec ce conseil pertinent relevé dans la Gourmandise : « (…) Jamais de fruits le matin, ils réfrigèrent, chargent et obèrent l'estomac aux dépens du repas du soir, se rincer simplement la bouche avec un verre de crème des Barbades de Mme Amphoux (1780) et faire une légère sieste en rêvant au dîner (…) ».
Nous avons donc fait une petite sieste avant de rejoindre pour le dîner « La Rallonge », sise rue Eugène Sue, juste à côté de La Table d’Eugène que nous avions beaucoup aimée avant de débuter ce blog, il faudra y retourner pour vous en parler. Derrière ces deux belles tables, un homme, un Chef, Geoffroy Maillard. Cinq ans déjà que ce jeune Chef  a ouvert sa Table d’Eugène entre bistrot et gastro, après avoir connu les ors du Plaza Athénée avec Eric Briffard ou encore du Bristol avec Eric Fréchon, et le sous Chef devint Chef en un temps où les bistronomes se découvraient.

La Rallonge Salle (8) J&WEt voici le temps des gastrobars et La Rallonge en est un bel exemple, une ambiance tapas qui va bien au-delà de la croqueta même si celle d’ici est très bonne, coque épaisse, croustillante, dorée et à l’intérieur une douce onctuosité jambono-béchamelesque. C’est une bien jolie ambiance que nous découvrons, oserons-nous dire que La Rallonge est plus belle que la table ? (note : ce billet a été écrit bien avant la superbe rénovation de la Table d'Eugène réalisée en 2013 ). On accroche ses affaires au grand porte-manteaux ou aux petits crochets sous le bar et nous voilà prêts pour la fête ! Il y a une belle ambiance ici et la bonne humeur règne, même quand c'est plein à craquer et c'est souvent le cas ! 

La Rallonge Salle (2) J&WBois blond, carreaux de ciment, acier brut, très long bar où on s’installe malheureusement sans réservation pour un dîner joyeux sans chichi mais attention dans gastrobar il y a gastro et c’est bien le cas ici ! Guidés  efficacement par l’accent charmant de la Demoiselle d’Avignon, rien à voir avec la chanteuse à la coupe Playmobil, c’est une très jolie promenade qui est proposée ici et cela commence par une carte des vins où il faut saluer la présence de nombreuses bouteilles à petits prix, ça commence à 17 euros ! Ce qui n’empêche pas le Chef de proposer de monter très haut en gamme, chacun y trouvera son chat. Nous y avons déniché un gaillard Pézenas Lacroix-Vanel de 2009, 22 euros, de la sensualité, rubis sombre, presqu’un goût de figue en bouche, bref une bouteille de Fine Amor !
Pas  de tape-à-l’œil dans l’assiette mais du vrai et beau produit et aussi du sophistiqué comme ces deux ravioles de volaille liées au foie gras, jolie couleur, goût délicat rendu gaillard par les lentilles, mais notre préférence va aux deux ravioles de gambas, c’est léger, c’est parfumé, on quitte brutalement le Sud-Ouest pour Bangkok, le concorde a repris du service ! Et revoilà le grand classique de la cuisine française, le canard à l’orange, qui découvre le samosa, nouveau voyage supersonique, on veut bien tendre l’autre joue pour reprendre une claque gastronomique ! Notez que tout ceci va par deux, et que c’est donc facilLa Rallonge Ensemble de tapas (1) J&We à partager, car c’est bien aussi le plaisir du gastrobar, partager simplement, passer l’assiette à son voisin ou passer la cocotte de risotto de coquillettes à la truffe et aux cèpes.

La coquillette a quitté le jambon, ilfaut savoir freiner les envies régressives, pour s’éclater dans les sous-bois, c’est un plat emblématique de la Table d’Eugène et c’est un bonheur de le retrouver ici, un plat qui se mange à la cuillère, pour en profiter pleinement, surtout pas avec une fourchette et un couteau, c’est un plat tout en rondeur qui ne mérite pas de se frotter au coupant ou au piquant et on peut même saucer avec le bon pain de campagne de la boulangerie d’à côté. Et quand c’est fini, ça recommence, des acras de morue tout ronds, comme des grosses billes dorées, tout en légèreté, comme une brandade aérienne.

Et les chipirons ? Débat sans fin pour savoir si ce ne devait pas être eux notre coup de cœur, la plancha leur va si bien, comme caramélisés, un peu de balsamique, le fondant des légumes confits, le craquant du biscuit parmesan, oh la belle idée ! Tout ceci fonctionne à merveille. Est-ce pour cela que les deux Saint-Jacques à côté font pâle figure? Ou parce que l’écrasé de pommes de terre qui les accompagne est sublime ? Le lard blanchi c’est pas notre truc, on le préfère croustillant… et si on n’aime plus la Saint-Jacques bien cuite comme la faisait Monsieur Paul, on ne l’aime pas non plus chaude et crue...
Oublions et réjouissons-nous plutôt de ce très joli dessert chocolaté et aussi de cette très parfumée sélection de fromages par Jean-Daniel Vivès et Christian Lima (Ne ratez pas cette fromagerie d’un genre nouveau, il est vraiment  bien ce quartier !), sublime mimolette vieillie, si dure qu’elle se brise plus qu’elle ne se coupe, comme un bonbon pour palais préparé, encore un peu de Fine Amor, encore un peu de pain de campagne, encore un peu fromage… "Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois".
MIAM évidemment, un vrai voyage gastronomique pas guindé pour un prix fort raisonnable. Alors oui, les soirs de gros bouillon ça coince un peu et il faut attendre et la veille nous avions rebroussé chemin. Pourvu que les touristes américains n’en fassent pas leur cantine so French. Nous allons y retourner et y retourner encore, juste pour savoir si ça ne serait pas en fait Miam Miam comme chez Dani Garcia à Malaga. Amis Chefs espagnols, attention les gastrobars français sont là… 

 

Nos choix de tapas :

  • Croquettes de jambon, jambon Serrano, oignons, béchamel
  • Risotto de coquillettes, cèpes et truffes => Notre coup de coeur
  • Croustillant de canard, épices et fruits secs, jus à l'orange
  • Ravioles de volaille liées au foie gras, mijoté de lentilles
  • Ravioles de gambas, bouillon Thaï à la citronelle
  • Acras de morue, mayonnaise du chef façon aïoli
  • Chipirons à la plancha, aubergines, légumes confits et sablé de parmesan
  • Saint-Jacques lardées et son écrasé de pommes de terre au beurre demi-sel
  • Fromages affinés - Sélection du moment "Fromages et ramage"
  • Ganache crémeuse à la noix de pécan

La Rallonge Croquettes de jambon J&W La Rallonge Ri sotto de coquillettes J&W La Rallonge Croustillant de canard (1) J&W La Rallonge Ravioles de volaille J&W La Rallonge Ravioles de gambas (1) J&W La Rallonge Acras de morue (1) J&W La Rallonge Chipirons (3) J&W La Rallonge Saint Jacques (2) J&W La Rallonge Fromages affinés (1) J&W La Rallonge Ganache crémeuse (1) J&W

 

               Le pain                        Pézenas Lacroix-Vanel 2009          L'addition (2) : 103.50 €

La Rallonge Pain J&W     La Rallonge Pézénas Lacroix Vanel 2009 J&W     La Rallonge Addition J&W

 

Réseaux sociaux, commentaires... pour partager, c'est juste à la fin du billet !

 


La Rallonge Carte de visite (1) J&W La Rallonge Rue Eugène Süe J&W

La Rallonge

16 rue Eugène Süe, 75018 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 42 59 43 24

Métro : Jules Joffrin, Marcadet-Poissonniers

larallonge.fr

Ouvert du lundi au samedi à partir de 19:00

 

Retrouvez d'autres photos de La Rallonge en cliquant sur :

BONUS PHOTOS !

 

VOUS AIMEZ ? Dîtes-le... c'est juste en dessous, merci !