L'extérieur La salle (1) La salle

Entrons dans le vif du sujet : pourquoi n’avons-nous pas aimé l’Agapé Bis ? Est-ce en raison de la grippe qui couvait ce soir-là ? De cette salle sans âme, tristounette comme une trattoria fatiguée de quartier ? Du trop d’espoir né d’une excellente et efficace politique de marque qui décline Agapé dans toutes les versions ? Gastro, tendance, et bistrot comme ici. Est-ce en raison de ce service qui récite les plats du menu carte blanche de manière mécanique, sans envie ? Pas facile bien entendu de monter sur scène chaque soir mais le spectateur a payé sa place, même à moitié prix, et il aimerait que les acteurs y croient un minimum, Olivier Le Franc, co-fondateur, n'a pas réussi ce soir-là à transmettre son énergie à l'équipe. Est-ce en raison de la proximité des tables de deux et... de l’incapacité de se contrôler du monsieur de gauche assaillant sa conquête féminine par-dessus et par-dessous la table, dU bruit des bisous goulus et des gloussements ? Est-ce en raison de cette eau du robinet « traitée » et revendue à 5,50 euros avec l’éternel discours bien rodé et bien pensant des marchands de filtres à eau. « C’est une volonté de promouvoir le développement durable et de facturer mois cher (!) l’eau au client » ? Est-ce à cause de cet empressement  à servir si souvent le vin ? Est-ce à cause de ce menu carte blanche, calibré et envoyé de façon presqu'industrielle à toutes les tables autour de nous ? Sans doute un peu à cause de tout ça, mais pas seulement.

Pourtant le nouveau Chef depuis l’automne 2012, Alexandre Zdankevitch est passé dans de bonnes maisons comme le Bristol ou le Ritz et le voici ici à son premier poste de Chef. Le restaurant proposait ce soir-là via la marque au trident 50% de réduction sur le menu Carte Blanche, diantre ! voilà des soldes attirantes et il est vrai qu'à moins de 40 euros cela semblait une aubaine mais parfois on devrait s'abstenir de courir les bonnes affaires pour les bonnes affaires d'autant que là ce n'est ni repris ni échangé.
Dommage, la lumière des photos ne valorise pas le dressage des assiettes, très dans l’air du temps. On sent le passage dans les bonnes maisons, c’est appliqué, convenu mais appliqué. Nous n'aimons pas utiliser le flash pour ne pas gêner les voisins (quoique cette fois...), nous voici avec un drôle d'éclairage un peu jaune, un peu fade, même l'appareil photo ce soir là  a semblé se liguer contre cette carte blanche au Chef qui reprenait en fait simplement des plats de la carte, pas d' impro, pas de retour du marché.

On ne peut s’empêcher de penser à cette sortie attribuée à Troisgros, le père, « Moi toute cette mousse ça m’empêche de digérer ! ». Des mousses, des veloutés, des purées, des embeurrées, des espumas, des bavarois, des crèmes et même pour finir une marmelade, c’est tout mou, on se sent tout mou, il faudra attendre le magret pour ré-entraîner nos mâchoires endormies ! L’apothéose sera atteinte avec une bouchée fondante de poireau et un espuma de pommes de terre que le serveur noiera brutalement sous un velouté Parmentier avant même que nous puissions l’observer : Intérêt ? Volonté du Chef ? Concept ? En fait, un bol de soupe en troisième plat… Pourquoi pas ? Après tout, c'était un bon potage.

Comté de 30 moisIl serait outrancier et injuste de dire que ce n’est pas bon, mais c’est sans surprise et sans grand plaisir, 77 euros, prix normal, nous ne sommes plus dans la bistronomie mais dans la gastronomie et l'exigence est plus grande; Ainsi avec quelques fines lamelles de comté, fut-il de trente mois, jetées sur la blancheur fade des assiettes, on est loin, vraiment très loin de l’idée que nous nous faisons de la gastronomie. Paris fourmille de bistrots gourmands qui proposent à moins de 40 euros des offres magnifiques de bistronomie et on découvre ce soir que ce n’ est si facile que ça !
Le site du restaurant nous rappelle que « … dans la mythologie, l'Agapé est la plus haute forme de l'amour, celle qui n'attend rien en retour... » : c’est donc ça ! Du coup pour les deux autres adresses "labélisées" Agapé on verra, un jour peut-être ou pas. Un PETIT MIAM, on ne bisse pas, on oublie et on passe très vite à autre chose.

Menu Carte Blanche :

  • Tartare de saumon, bavarois de cresson, crème de raifort
  • Foie gras de canard des Landes, pané au pain d'épices, chutney de pommes et de figues
  • Velouté parmentier et son espuma
  • Omble chevalier, en croûte de noisette, embeurré de chous aux lards et aux marrons, purée de vitelotte
  • Magret de canard, purée de panais vanillé tube
  • Comté de trente mois
  • Marmelade de fruits, glace vanille, crème citronnée, tuile craquante

Tartare de saumon, sauce au raifort, bavarois au cresson Foie gras pané au pain d'épices, chutney et figues Velouté de parmentier, espuma de pommes de terre, poireau confit Omble chevalier, émulsion de vitelottes, embeurrée de choux Magret de canard, déclinaison de panais Marmelade de fruits, glace vanille, crème citronnée, tuile craquante

 

                  Le pain             Bourgogne Domaine Guillot Broux 2011  L'addition (2) : 117.50 €

Le pain Bourgogne Domaine Guillot Broux 2011 Addition

 

Le restaurant a fermé ses portes et est devenu Le Bistrot de Niel.

 


Carte de visite

Agapé Bis

75 avenue Niel, 75017 Paris (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 01 42 27 88 44

Métro : Pereire

www.agape-bis.com

Ouvert tous les jours de 12:00 à 14:30 et de 19:30 à 22:30

 

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BONUS PHOTOS !

 

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