cultura5Mais quelle arrogance, quel coup de gueule inutile contre les "Chefs-Jardiniers" (à lire sur l'excellent Atabula), Pierre Jancou serait-il en manque de clients pour tenter une fois encore le coup médiatique ? La dernière fois, c’était plutôt sympathique et réussi avec notre amie Marie-Claire mais là on tombe dans le pathologique ?  Un égo en manque ? Une frustration ?  En tous les cas un coup de gueule de trop pour se libérer bêtement sur les clients « lambda » qui apprécieront (et nous n’apprécions pas en tant que clients)  ou ces salauds (ou idiots ?)  de blogueurs (et nous n’apprécions pas plus)  qui, c’est bien connu, dirigent les cuisines.

Laissons donc toutes les cuisines s’exprimer car c’est dans la diversité que se trouve la richesse. Pourquoi vouloir une cuisine monolithique, tous derrière et lui devant ? Et on met qui devant ? Jancou ? (est-il  lui-même cuisinier ?). Nous avons eu beaucoup de plaisir à découvrir la cuisine de son Chef Sota et ce n’est pas lui rendre service ou hommage de l’envoyer au front dans une guerre qui n’existe qu’aux yeux de son boss. Tel un Don Quichotte  du 10ème  arrondissement, Jancou voit des ennemis de la "vraie" (?) cuisine partout et n’hésite pas à comparer son combat à celui d’Alain Chapel, rien moins que ça.

Jancou du Vivant donne à ses collègues des leçons de générosité, de vrai, ils apprécieront, nous aurions aimé avoir cette traduction dans les assiettes de Vivant lors de notre passage, ce qui ne nous a pas empêché de saluer la créativité et le talent de Sota.

N’en déplaise à Jancou nous avons aimé la cuisine de Sota, comme nous avons aimé celle de Bérasetagui ou de Piège, comme nous avons été séduits par la si simple et traditionnelle cuisine de l’Auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise dont nous parlerons bientôt, comme celle aussi d’Eskis à Lyon qui flirte avec la moléculaire… Il n’y a pas une vraie cuisine française, il y a des cuisines d'ici et du monde et c’est bien ainsi. Pourquoi vouloir imposer son goût en dénigrant celui des autres ? Le mieux n’est-il pas  simplement de le promouvoir en espérant qu’il trouve un écho parmi des clients peut-être lambda. Alors Monsieur Jancou, vive les Chefs Jardiniers, les Chefs Pêcheurs, les Chefs Bouchers, les Chefs Emulsions et tous les autres mais à une seule condition : qu’ils mettent un peu d’amour dans leur cuisine et qu’ils témoignent d’un peu de respect pour leurs clients

 

PS : Pour se calmer, Pierre Jancou pourra relire ces quelques mots de Miguel de Cervantes :

Sancho s'écrie : « Quels géants ? » quand Don Quichotte croit voir des géants envoyés par des sorciers là où il n'y a que des moulins à vent.

« En ce moment ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a dans cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer :

 — La fortune conduit nos affaires mieux que ne pourrait y réussir notre désir même. Regarde, ami Sancho ; voilà devant nous au moins trente démesurés géants, auxquels je pense livrer bataille et ôter la vie à tous tant qu’ils sont. Avec leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir ; car c'est prise de bonne guerre, et c'est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre.

— Quels géants ? demanda Sancho Panza.

— Ceux que tu vois là-bas, lui répondit son maître, avec leurs grands bras, car il y en a qui les ont de presque deux lieues de long.

— Prenez donc garde, répliqua Sancho, ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, lesquelles, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.

— On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je et, si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille.

En parlant ainsi, il donna de l’éperon à son cheval Rossinante, sans prendre garde aux avis de son écuyer Sancho, qui lui criait qu’à coup sûr c'était des moulins à vent et non des géants qu'il allait attaquer. »

 

VOUS AIMEZ ? Dites-le... c'est juste en dessous :-)