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Pourquoi ? Pourquoi ne s’est-il rien passé entre nous et l’Epuisette ? Comme une partie de pêche dont on revient bredouille. Est-ce à cause de la difficulté à rejoindre l’endroit, le bel endroit qui nous a fait tourner dans les ruelles et impasses du Vallon des Auffes pendant quarante-cinq minutes avant de découvrir qu’on pouvait capituler et se stationner sur la Corniche, à condition de trouver une place et descendre les escaliers, juste au moment où on nous appelait pour nous dire que les cuisines fermaient à 21h30, il était 21h25…
Est-ce parce qu'arrivant en courant, essoufflés et un peu énervés, on nous dit, pourtant sans ironie nous en sommes certains :  « Oh vous êtes venus en voiture ? Vous auriez dû prendre un taxi qui vous aurait déposés juste devant ». C’est vrai on ne pense pas assez souvent à prendre un taxi quand on a une voiture, on pense à un voiturier mais pas à un taxi. En tous les cas : conseil à retenir !
Est-ce à cause de la table numéro sept qu’il faut éviter absolument, comme l’impression d’avoir été choisis par une municipalité pour animer un rond-point où arrivent l’entrée et donc la sortie du restaurant, l’escalier des toilettes, la sortie et donc l’entrée des cuisines, le passage d’une salle à l’autre, pas la chance d'être face aux Îles du Frioul mais face au joli portrait de l’inconnue qui a remplacé Zidane sur le pignon de la maison voisine, une bien jolie inconnue.

Vallon des Auffes (1) IMG_6572 Marseille

Est-ce parce qu’on sent un empressement à prendre la commande, nous savons que les cuisines vont fermer même si on vous dit « prenez votre temps » en déposant déjà les premières mises en bouche. Est-ce parce que le premier menu à soixante-dix euros ne laisse aucun choix : une entrée, un plat, un dessert et qu’on nous annonce qu’il n’y a plus l’entrée mais sans nous dire ce qui la remplace. Est-ce parce que dans ces conditions nous n’avons pas envie de nous lancer dans les "grands" menus ? Est-ce parce que pour une table mono-étoilée, il nous semble que les prix s’envolent avec des entrées à près de quarante euros ? Ou est-ce parce qu’à force de voir des cartes « slash » ou des cartes « produits », comme chez Passédat, nous étions un peu perdus face à la grandiloquence des intitulés de plats. Bref, « la règle des 4 fois 20 » selon laquelle tout se jouerait au cours des 20 premières secondes, des 20 premiers mots, des 20 premiers centimètres, des 20 premiers pas semble aussi se vérifier en restauration.

Et pourtant, l’endroit est incroyable, le Vallon des Auffes est à découvrir, même si nous arrivons sans doute trop tard pour le voir comme Alfred Lombard l’a peint (à voir absolument au musée Cantini). Il n’en demeure pas moins que cette étonnante maison semble posée sur un rocher entre ciel, terre et mer, face aux Îles du Frioul, tournant le dos à la Corniche, comme un bateau qui n’aurait jamais osé lever l’encre. Cela fait plus de cinquante-cinq ans que les Marseillais viennent ici se restaurer, on imagine « qu’à l’époque », la bouillabaisse était moins sophistiquée et n’était pas facturée soixante euros.

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Et pourtant Bruno Dukan, le sommelier a été d’excellent conseil en nous recommandant une production locale, un Coteaux d'Aix, un des vins les plus abordables... à cinquante euros tout de même, mais le régime Dukan vu comme ça on dit oui !
Et pourtant le service a été certes un peu pressé au début mais très agréable finalement. Comme nous, ils ont vu leurs camarades des cuisines partir avant eux. Nous nous sommes demandés qui avait eu l’idée sadique d’obliger les serveurs à traverser la salle avec des plateaux argentés si longs et étroits qu’ils donnent l’impression, les serveurs devant écarter les bras pour s’en saisir, une main sur chaque poignée, que ces derniers vont prendre leur envol en sortant des cuisines.
Et pourtant, c’est Guillaume Sourrieu qui dirige les cuisines depuis 1999, une étoile en 2002, deux toques au Gault&Millau. Le Chef Sourrieu a fait les grandes maisons : Bernard Loiseau à Saulieu, Jean-Paul Passédat (le père) au Petit Nice, les Troisgros à Roanne, les Fermes de Marie à Megève et d’autres encore, autant dire une belle carte de visite.

Et pourtant, aucune mauvaise surprise parmi les plats à part peut-être la présentation du homard vivant sorti du vivier que l’on aperçoit sous nos pieds, un escalier descend directement dans la mer ou presque. Il faut tourner son pouce vers le bas, geste qui le conduira directement à rougir dans un plat à tajine de porcelaine blanche. Aucune mauvaise surprise mais aucune bonne surprise non plus. Sans doute avons-nous fait un mauvais choix mais entre un tournedos de thon Rossini et un tajine de homard, deux plats bien exécutés (même si on regrettera l’œuf de caille dur alors que nous l’imaginions poché) mais sans beaucoup de créativité et à l’inverse deux plats comme des formules de mathématiques compliquées  dans lesquelles par exemple les filets de rouget poêlés se perdent avec des sardines, de la tapenade d’olives noires, des tempura, une  vinaigrette « new age» (!) de courgettes trompettes, un stratifié d’un pain campagnard et d'une soubressade, le tout sacrément salé.

L'Epuisette (9) L'Epuisette (6) Homard du vivier

Voilà, ce n’était pas le bon soir, et du coup pas de dessert, il faut savoir arrêter un rendez-vous avant qu’il ne soit trop tard. On ne peut pas aimer tout et tout le monde et surtout toujours se souvenir que lorsque c’est un PETIT MIAM, c’est en toute subjectivité, nous ne détenons toujours pas la vérité, ça se saurait. Le Chef pensera sans doute, comme ceux qui aiment sa cuisine, que nous n’avons rien compris et s’ils avaient raison ?

Nous avons choisi à la carte :

  • Rossini d'un thon "Saku" et escalope de foie gras, quelques carottes jaunes très croquantes, un acidulé au vinaigre de framboises
  • Rémoulade d'un poulpe aux herbes, une Boullabaisse très fondante, croustillant de salade et fleurs multicolores, bisque à l'écorce d'orange
  • Tajine de homard de notre vivier aux légumes fondants, un confit de citrons de Menton et oeufs de caille pochés
  • Filets de rouget poêlés, des sardines en tapenade d'olives noires, quelques tempera, vinaigrette new age de courgettes trompettes, stratifié d'un pain campagnard et d'une soubressade

Amuse bouche Rossini d'un thon _Saku_ et escalope de foie gras, quelques carottes jaunes très croquantes, un acidulé au vinaigre de framboises (1) Rémoulade d'un poulpe aux herbes, une Boullabaisse très fondante, croustillant de salade et fleurs multicolores, bisque à l'écorce d'orange (1) Tajine de homard de notre vivier aux légumes fondants, un confit de citrons de Menton et oeufs de caille pochés (2) Filets de rouget poêlés, des sardines en tapenade d'olives noires, quelques tempera, vinaigrette new age de courgettes trompettes, stratifié d'un pain campagnard et d'une soubressade (2) Mignardise

 

                  Le pain            Coteaux d'Aix Château de Beaupré 2012   L'addition (2) : 220.10 €

L'Epuisette (2) Coteaux d'Aix Château de Beaupré 2012 L'Epuisette

 

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L'Epuisette

Vallon des Auffes, 13007 Marseille (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 04 91 53 17 82

www.l-epuisette.com

Ouvert du mardi au samedi de 12:00 à 13:30 et de 19:30 à 21:30

 

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