Le Court Debout (5) Le Court Debout (7) Le Court Debout (3)

Normalement tout aurait du bien se passer rue du Court Debout : la recommandation d’une amie gastronome et amoureuse du Nord qui a toute notre confiance, un bel endroit tout juste refait, comme un fumoir des années trente sans la fumée des havanes disparus en volutes, une très jolie terrasse structurée autour de buis taillés et surtout un Chef, Christophe Scherpereel qui a déjà prouvé qu’il pouvait décrocher une étoile, il n’avait alors pas trente ans et dirigeait les cuisines de l’Esplanade à Lille. Il était ensuite parti ouvrir en Flandre une table qui elle aussi avait été repérée par le Guide Rouge. Ayant décidé de mettre un terme à cette aventure, le voilà de retour à Lille et nous voilà chez lui après avoir découvert bloempot de Florent Ladeyn et avant de découvrir La Laiterie version Nicolas Gautier.
Alors pourquoi rien ne s’est passé comme prévu ? On ne le répétera jamais assez, les premiers instants dans un restaurant (et d’ailleurs dans n’importe quel échange) sont essentiels. Ici nous sommes entrés dans la micro-brasserie chic, pas d’entrée, vous êtes directement dans la salle, pas d’accueil non plus, nous gênons même le serveur plantés que nous sommes en plein milieu, à sa décharge il est seul et les bras chargés, il revient, « Vous avez réservé ? », « Oui », « Mettez-vous là ».

Pastillas d'agneau Le Court Debout (2) Velouté de panais
Il nous apporte une carte qui semble refléter ce que nous avions lu, un menu à 35 euros, trois entrées, trois plats, trois desserts, parfait, d’autant que ce qui est annoncé donne envie ! Sauf que « En fait, je vous donne la carte mais il n’y a rien de ce qui est écrit dessus, je vous la donne juste pour que vous regardiez les apéritifs, ce soir tout est indiqué sur les ardoises derrière vous, à gauche la carte, à droite le menu ». Il y a des brasseries moins chics et des bistrots de quartier où au moins on vous approche l’ardoise, là on a un peu l’impression d’être chez l’ophtalmo et de devoir imaginer de loin des lettres quand votre vue vous fait défaut, sans compter le torticolis qui guette celui qui est dans le mauvais sens. On oublie la carte, partageant ici une certitude avec François-Regis Gaudry : c’est avec le « petit » menu que l’on découvre le mieux la talent du Chef. On oublie donc le concept trois entrées, trois plats, trois desserts, ce sera ce soir au choix une entrée, deux plats, un dessert. Mais attention « Il n’y a plus de Saint-Jacques, ce sera donc à la place de la daurade grise », c’est un peu court de la daurade grise, Elle sera comment ?  « Le reste ne change pas, aubergine ». Là sans la recommandation de notre amie nous serions partis, car comme disent les anglais « enough is enough » et comme disent les français, « trop c’est trop ».

Premières asperges et oeuf poché (1) Dorade grise, tranche d'aubergine (1) Pommes soufflées

Les amuse bouches sont posés sur la table alors que nous n’avons pas choisi le vin, un velouté de panais très salé et une pastilla toute molle. Les premières asperges font une très belle entrée, certes très simple mais de saison et de plus parfaitement assaisonnée. La daurade grise est la plus pauvre des daurades, elle donne ici une assiette tristounette, gris sombre comme une mer du Nord en novembre, on aurait aimé attendre le mois de mai pour l’aubergine mais peut-être est-elle précoce dans le Nord ? La tarte au chocolat tiédie est une très belle surprise même si on s’interroge encore sur l’ajout des gariguettes posées à côté avec ici ou là quelques pointes de Chantilly. Nous n’aurons pas droit contrairement à nos voisins de gauche aux mini-financiers pour terminer, le serveur en donnera une possible raison à nos voisins de droite « Vous prenez tous des cafés gourmands ? Je vous préviens je n’aurais pas assez de tout, ce ne sera donc pas les mêmes pour tout le monde… ». Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…

On oublie tout, même ce PETIT MIAM (vraiment tout petit), c’est un faux départ ou alors la faute à pas de chance et ça tombe sur nous. En même temps ce n’était pas le dîner d’ouverture et les prix ne sont pas des prix « d’ouverture ». Normalement il faudrait revenir, ce n’est peut-être pas tous les soirs ainsi, mais en avons-nous envie ? Pas certain… 

 

Nous avons choisi le Menu du Marché (entrée, plat, dessert - 35 €) :

  • Premières asperges et oeuf poché
  • Daurade grise, tranche d'aubergine, pommes soufflées
  • Tarte au chocolat, premières fraises gariguette

Premières asperges et oeuf poché Dorade grise, tranche d'aubergine (2) Tarte au chocolat, premières fraises gariguette

 

                Le pain                          Anjou Pithon-Paillé 2010              L'addition (2) : 107 €

Le Court Debout (1) Anjou Pithon-Paillé 2010 Le Court Debout

 

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Le Court Debout (8)

Le Court Debout

24 rue du Court Debout, 59800 Lille (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 06 34 55 06 76

Métro : République - Beaux Arts

www.restaurant-lecourtdebout.com

Ouvert du mardi au samedi midi et soir

 

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