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Pas de démagogie, les élections sont derrière nous ! Nous aimons la sophistication délicate de La Fourchette des Ducs, la créativité qui se débride chez Restaurant David Toutain ou encore le chic décontracté chez Jean-François Piège… mais nous aimons aussi les choses simples, les petites cantines urbaines et les auberges de campagne.
De passage dans l’Île de Madère nous aurions pu vous raconter un tea-time au so british Reid's ou un dîner au seul étoilé de l’île, au The Cliff Bay Hotel, mais à 17 h nous arpentions encore les chemins pentus de l’île et pour le second nous n’avions pas prévu le dress-code… Peu importe ! Nous avons mieux : un coup de cœur grâce au hasard qui parfois fait bien les choses.
Nous n’avions pas prévu de dîner ce soir-là à Doca de Cavacas, notre coup de cœur ; le barman de l’hôtel nous avait recommandé O Barqueiro dans la zone hôtelière de Funchal, une zone assez laide qui concentre une partie importante de l’activité touristique. Il avait vu notre mine peu convaincue mais avait insisté « C’est le meilleur restaurant de poissons de la ville ». En arrivant, devant le restaurant nous sommes dubitatifs, coincé entre un restaurant mexicain et un italien, le fameux restaurant de poissons semble être un repère un peu bling-bling, serveurs cravatés, grande baie vitrée comme un aquarium au rez-de-chaussée d’un immeuble moderne sans âme et à l’intérieur un autre aquarium où d’autres langoustes moins bijoutées attendent leur tour…

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Avant d’entrer, on traverse la rue pour aller voir l’océan, depuis quelques jours des vents violents balaient l’île aux fleurs, le spectacle des vagues se fracassant sur la roche volcanique noire est hypnotique. Et là, en contre-bas de la rue, nous découvrons une minuscule ruelle cachée à l’abri de l’envahissante zone hôtelière, comme un bout d’île des années cinquante, quelques maisons de pêcheurs où on boit des coups entre copains, certains ont d’ailleurs dû abuser du Blandy's ! Et plus bas encore un restaurant tout rond, il a l’air fermé malgré la pancarte lumineuse, un joli petit bout du monde, en blanc et bleu, les terrasses doivent être bien agréables pour regarder le soleil se coucher quand le temps est plus clément.

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La petite salle ronde est comme une lanterne de phare, pas de concept décoratif ! Ici où là quelques filets de pêche, quelques vielles photos qui racontent les histoires d’avant, des serviettes en papier mais de jolies nappes bleues et blanches et surtout la bonne humeur et la gentillesse du service, quelques mots de portugais, quelques mots d’anglais, un peu de français aussi et une carte courte et simple. La langouste est à quatre-vingt euros le kilo mais « attention elle est au congélateur, il n’y en a plus de fraîche », ou quand la simplicité est rejointe par l’honnêteté. Tant mieux pour nous, la salade de poulpe à la vinaigrette est une incarnation de la fraîcheur, des herbes, des oignons doux, des petits morceaux de poivrons, des rasades d’huile d’olive, très peu de vinaigre, de la douceur, pas d’acidité, et le poulpe si tendre, a-t-il été battu sur les rochers noirs pour le devenir? Le plat de palourdes est un comme un plat d’un dimanche en famille, il fume mais n’est pas brûlant, le tiède va mieux à la chair délicate et iodée de ces coquillages. Il faut pour les apprécier vraiment les manger avec les doigts, on en viendrait à trouver joli le mot « mollusque »...tellement c'est bon!

Doca do Cavacas (14) Doca do Cavacas (18) Patates frites

On a beau être dans un "petit" restaurant, les gambas qui se sont noircies les pattes en passant sur le grill ont été "dé-caparaçonnées" laissant apparaître la chair blanche et ferme, cuisson parfaite. Les poulpes, eux aussi grillés, rangés dans l’assiette comme à la parade, ont rendu un jus, comme un jus de viande, dans lequel il est régressif de plonger une fourchette de patatas fritas, des frites simples, pas de double cuisson, elles semblent presque avoir été frites à la poêle.
Pour les desserts, concentrez-vous sur les deux ou trois faits maison, le reste est une carte de glacier industriel sans intérêt. Si le gâteau au chocolat est peu convaincant, le pudding aux fruits de la passion signe une cuisine de bonne femme comme on disait à une époque où on ne risquait pas de passer pour de fieffés machos en écrivant cela.
Ajoutez à cela un étonnant blanc à quatorze euros qui peut rivaliser sans problème avec certains vins de la côte chalonnaise (un mélange très réussi de cépages Arinto, Antão Vaz, Viognier et Verdelho élevés dans la région de l’Alentejo, sur le continent portugais) et vous avez pour quatre-vingt euros un dîner somptueusement simple et bon avec en prime le coucher du soleil et cette phrase de notre serveuse préférée nous grondant de nous resservir nous-même le vin et nous arrachant la bouteille des mains « Mais que meu trabalho, é meu prazer », plus que mon travail, c’est mon plaisir… MIAM MIAM pour notre coup de cœur madérien ou l'éloge de la siplicité simple.

Nous avons choisi à la carte :

  • Palourdes
  • Poulpe à la vinaigrette
  • Calamars grillés
  • Gambas grillées
  • Pudding passion
  • Gâteau au chocolat

Palourdes (1) Poulpe à la vinaigrette Calamars grillés (1) Gambas grillées (1) Pudding passion Pudding chocolat

 

                 Le pain                   Alentejo Marques de Borba 2013      L'addition (2) : 83.50 €

Doca do Cavacas (1) Alentejo Marques de Borba 2013 Doca do Cavacas

 

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Doca do Cavacas (25)

Doca do Cavacas

Rua da Ponta da Cruz, 9000-103 Funchal (cliquez sur l'adresse pour afficher le plan)

Téléphone : 00 351 291 762 057

Ouvert tous les jours sauf le lundi

 

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