Mozzarella de bufala Campana, crevettes crues sur sauce au brocoli (3) Rouget, bouquet de légumes, lard, sauce aux amandes grillées Goutte de chocolat noir farcie au crémeux de chocolat blanc, coeur de framboise, arachides salées et sauce au fenouil confit

Naples est une ville étonnante, bruyante, sale parfois, pauvre souvent mais attachante tout le temps. On oublie en s’y perdant la mauvaise réputation, les mauvaises fréquentations. Ici un ancien palais en ruine, là un musée d’art moderne à faire pâlir bien des villes capitales, et puis aussi des petits marchés, des marchands de tout et de rien. On klaxonne pour un oui ou pour un non, on parle fort, on s’interpelle d’une fenêtre à l’autre en écartant son linge, des cordes de linge comme des guirlandes de fête populaire, Robert Ménard serait fou ici. Nous n’avons pas aimé la baie encombrée par les bateaux de croisière grands comme des barres d’immeubles du milieu des années soixante-dix. Nous avons succombé au charme de la vieille ville où les Napolitains ont inventé la pizza, pensez-donc quatre euros, allez six pour du haut de gamme, pour se nourrir de choses simples et bonnes avec un petit chardonnay du pays.

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Mais il y a aussi à Naples de belles tables, plus chères évidemment, comme celle du Chef Lino Scarallo, installée dans les anciennes écuries du palais Petrucci, le Palazzo Petrucci. Bientôt neuf ans qu’il s’est installé sur cette Piazza San Domenico Maggiore.

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Autant Naples est exubérante, autant en entrant ici on a l’impression d’entrer dans un couvent. Décoration minimaliste, cuisine perchée avec un Chef comme une vigie, escalier pour s’y rendre qui casse les jambes des serveurs et serveuses. Ils parlent tous italiens, anglais, français et d’autres langues sans doute encore. Les Napolitains ont compris tout l’intérêt du tourisme gastronomique mondial surtout quand comme ici une étoile est venue saluer une cuisine d’inspiration régionale mais qui n’hésite pas à emprunter les chemins de la créativité. Une cuisine précise, sans esbroufe, sans molécule, la région est suffisamment riche de beaux produits. Les crevettes siciliennes, à la chair crue légèrement sucrée, ferme et tendre sont simplement enchâssées dans de la mozzarella de buffala, la fraîcheur de la mer, la tiédeur de la terre, l’iode confrontée au lait, la mer et la mère. Ce plat d’une incroyable simplicité aux couleurs pastel est un plat sensuel, presque érotique !

Palazzo Petrucci (12) Palazzo Petrucci (7) Palazzo Petrucci (9)

Même association terre-mer mais plus sophistiquée, plus bourgeoise : un croustillant de cochon d’ici avec du homard et des truffes. Malheureusement le cochon prend le dessus d’autant que les produits nobles sont chers et qu’il y en a donc bien peu, c’est un plat qu’il faudrait goûter sans la censure du contrôleur de gestion qui pèse et mégote… mais sauve la marge.
Le rouget aurait fait une très belle entrée, on retrouve là un dressage à la mode, comme un dessin de Cocteau, mais il manque de générosité pour un plat principal, ou alors il aurait fallu prendre des pâtes avant, on est à Naples ! En revanche, l’agneau aux airs d’orient, si ce n’était le pecorino qui lui va si bien, nourrit son homme et même le surprend avec cette juxtaposition d’un carpaccio intriguant mais très très bon.

Amuse bouche (4) Amuse bouche Palazzo Petrucci (5)

La goutte  de chocolat est un vrai dessert de pâtissier, sophistiqué bien qu’un peu compliqué. On doit avouer avoir eu plutôt un faible pour une assiette de fromages italiens qui valent bien les nôtres ! Vingt euros tout de même mais aucun regret ne serait-ce que pour une fois le plaisir d’aimer un gorgonzola d’exception, crémeux et puissant.
Le sommelier est de très bons conseils : nous avons découvert le cépage Fiano qui se plaît dans cette Campanie. Il donne un vin blanc au parfum de noisettes, de fleurs, de miel et peut-être même d’ananas ! On dit que Pline l’Ancien l’aimait beaucoup et peu importe si cela est faux. Ce millésime 2010 de Fiano di Avellino a donné à ce dîner une légèreté  rafraîchissante . Quant au Poggio Alle Mura 2008 Brunello di Montalcino, il laisse sans voix. Sa couleur rouge profond laisse présager d’une belle force. Le nez offre des arômes intenses de mûre, de prune, de café, et même peut-être de tabac. La bouche est puissante mais douce aussi  et veloutée, les tannins ont tenu tête au gorgonzola !

Poggio alle Mura 2008 Palazzo Petrucci (8) Palazzo Petrucci (6)

MIAM MIAM pour cette pause gastronomique napolitaine ; le conseil de Denny Imbroisi était un bien bon conseil ! Viva Napoli !

 

Nous avons choisi à la carte :

  • Porc braisé frit, homard, chou croustillant et cordon de truffe noire
  • Mozzarella de bufala Campana, crevettes crues sur sauce au brocoli
  • Rouget, bouquet de légumes, lard, sauce aux amandes grillées
  • Agneau aux abricots séchés, pecorino et menthe
  • Assiette de fromages italiens
  • Goutte de chocolat noir farcie au crémeux de chocolat blanc, coeur de framboise, arachides salées et sauce au fenouil confit

Porc braisé frit, homard, chou croustillant et cordon de truffe noire (1) Mozzarella de bufala Campana, crevettes crues sur sauce au brocoli Rouget, bouquet de légumes, lard, sauce aux amandes grillées (2) Agneau aux abricots séchés, pecorino et menthe Assiette de fromages italiens Goutte de chocolat noir farcie au crémeux de chocolat blanc, coeur de framboise, arachides salées et sauce au fenouil confit (2)

 

                Le pain                     Campore Fiano du Avellino 2010         L'addition (2) : 188 €

Palazzo Petrucci (3) Campore Fiano du Avellino 2010 Palazzo Petrucci (2)

 

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Palazzo Petrucci Ristorante

4 Piazza San Domenico Maggiore, 80134 Naples - Métro : Dante

Téléphone : +39 081 552 4068 - www.palazzopetrucci.it

Ouvert du mardi au samedi 12:30 à 14:30 et de 19:30 à 22:30

Palazzo Petrucci (1) Palazzo Petrucci