Asperges blanches grillées avec sauce soja & oeuf (1) Poulpe mijoté (2) Tempura de crevettes (2)
« L'izakaya est au Japon ce que le bistrot est (était ? - On ne parle pas ici de bistronomie) à la France, le pub à la Grande-Bretagne, le bar à tapas à l’Espagne. Notre voisin de comptoir nous dira qu’il y en a vingt mille au Japon, notre autre voisin vingt-cinq mille, mais peu importe… Il y en a beaucoup. Vous pourrez les repérer à la lanterne rouge traditionnelle. Pour celui dont nous vous parlons ici, il faut absolument réserver si vous voulez avoir une chance de déguster des huîtres grandes comme la main, du poulpe de toutes les façons ou des sashimis si frais que les crevettes semblaient encore vivantes, à moins que ce ne soit l’effet du saké ! Sans parler de ce nodoguro grillé aux yeux si expressifs… ».
Voilà ce que nous écrivions perdus à Kanazawa… et découvrant la joyeuse ambiance des izakayas, ces bars à manger où les Japonais viennent pour lâcher prise sans lâcher le saké, pour parler fort et il faut bien le dire aussi parfois pour se mette la tête à l’envers. Nous avons découvert un Japon plus proche de notre culture latine que nous ne l’avions imaginé, un Japon pas fantasmé, un Japon où comme ailleurs la pression est forte, les cadres décravatés se laissent aller, les assiettes accompagnent le saké… Campai ! A la tienne ! Et pas question de se contenter de chips grasses, de trois olives et d’une rondelle d’un mauvais saucisson, nous avons souvent crié au génie culinaire dans des isakayas perdus au bout d’une rue sombre, introuvables dans les étages et peu importe si le saké décuplait peut-être notre enthousiasme…

La Maison du Saké La Maison du Saké (7) La Maison du Saké (8)

Pas de rue sombre à Paris, nous voici rue Tiquetonne dans le Sentier tortueux. Il y a désormais un izakaya à Paris. Quand de plus on sait qu'il a été ouvert par Youlin Ly, un gastro-entrepreneur qui associé au Chef Hiroki Yoshitake nous a donné tant d’émotions chez Sola, on se dit qu’on a de la chance.
Hélas, hélas, si l’assiette et le lieu ne déçoivent pas, il en est tout autrement en salle à la Maison du Saké. L’accueil est improbable.
« Bonjour Messieurs.
- Bonjour, nous avons réservé une table pour deux.
- Oui à quel nom, très bien, pardon, je m’excuse. Allo oui, La Maison du Saké… Alors messieurs où en étions-nous ? A quel nom ?
On recommence…
- Ah oui, ma collègue va s’occuper de vous.
- Bonjour Messieurs, vous avez reservé ? ».

La Maison du Saké (1) La Maison du Saké (5) La Maison du Saké (6)

Au secours ! On a enfin le « droit » d’avancer, c’est joli ici, après le bar que l’on voit de la rue, un long couloir conduit vers la salle sous-verrière (qui nous fait penser à Saturne) et les salons privés. Vingt minutes pour avoir une carte après l’avoir demandée trois fois. « Ah oui, la carte ». Oui ça se fait… Les plats arrivent tout à coup en quelques minutes, comme au Japon on partage et on picore, c’est vraiment très bon et puis plus rien pendant trois quarts d’heure. Le cochon ayant été oublié, il a fallu redemander. « Le cochon ? », « Oui le cochon, vous savez le tonkatsu akamiso », avec du miso rouge et de la chapelure panko, une chapelure de pain sans croûte, plus légère et moins grasse que nos fritures occidentales ». Ca valait la peine de réclamer et d’attendre, si nous n’avions pas eu peur de devoir attendre à nouveau quarante-cinq minutes nous en aurions bien recommandé un second !

La Maison du Saké (11) Maison Takeno Iwaikurabu Maison Takeno Iwaikurabu (1) Maison Takeno Iwaikurabu

La carte des sakés est impressionnante, le serveur nous en conseille un, dommage, « il est en rupture », il nous en propose un autre « moins cher » qui sera finalement facturé au même prix, en même temps si tu ne tapes pas les modifications de la commande… l’ordinateur est bête et réglo. On n’a pas voulu chipoter pour deux euros. On ne verra pas non plus la bouteille, or c’est un élément joyeux, artistique, parfois poétique du saké, les étiquettes sont déjà une invitation au voyage. On n’en verra que le flacon joli mais anonyme, tant pis. Un saké subtil, peu alcoolisé, si loin des horreurs que l’on boit pour découvrir des beautés nues au fond d’un godet de porcelaine. Le saké est tout aussi complexe et riche que nos vins, notre culture reste à faire.
Bref, quand ça veut pas, ça veut pas, PETIT MIAM qui ne demande qu’à grandir, il faudra revenir (ou pas) ou mieux repartir à Kanazawa… 

 

Nous avons choisi à la carte :

  • Asperges blanches grillées avec sauce soja & oeuf
  • Korokke de poulet
  • Poulpe mijoté
  • Tempura de crevettes
  • Tonkatsu akamiso

L'addition (2) : 77 €

Asperges blanches grillées avec sauce soja & oeuf Korokke de poulet (1) Poulpe mijoté Tempura de crevettes (1) Tonkatsu akamiso La Maison du Saké (12)

 

Vous aimez ? Vous avez envie de partager avec vos amis ?... Dîtes-le... C'est juste en dessous, à la fin du billet :-)

 


La Maison du Saké

11 rue Tiquetonne, 75002 Paris - Téléphone : 09 67 61 97 03

Métro : Etienne Marcel - www.lamaisondusake.com

Ouvert tous les jours à partir de 19:00 pour le restaurant

La Maison du Saké (13) 11 rue Tiquetonne